Chapitres
L'impression 3D dans la pratique dentaire moderne
[00:00:00 – 00:01:57]
L'impression 3D est déjà une réalité opérationnelle dans les cabinets et laboratoires dentaires, et non un concept lointain. Elle est utilisée dans une gamme de traitements étonnamment large, allant des gouttières de blanchiment et des appareils de contention aux guides chirurgicaux, aux prothèses dentaires et aux maquettes de conception de sourire.
Cet épisode explique le fonctionnement de cette technologie, ce qui se passe en pratique par rapport au laboratoire, et pourquoi les patients peuvent en bénéficier en termes de précision, de confort et d'efficacité.
Comment fonctionnent réellement la numérisation et l'impression 3D
[00:01:57 – 00:04:30]
Le processus débute par une numérisation 3D intra-orale des dents et des gencives du patient, permettant de capturer l'ensemble de la mâchoire supérieure en 90 secondes environ. Ce fichier numérique est enregistré dans le cloud et peut être envoyé directement à un laboratoire ou importé dans un logiciel de conception le jour même.
La plupart des imprimantes 3D dentaires utilisent de la résine, déposée par couches successives de 50 à 100 microns d'épaisseur, soit l'équivalent d'une feuille de papier. Le résultat est d'une précision extrême, sans aucune superposition visible. Ce niveau de précision la rend idéale pour de nombreux dispositifs, des gouttières occlusales et guides chirurgicaux pour implants aux modèles imprimés utilisés dans la fabrication de couronnes.
Contrairement aux empreintes en plâtre traditionnelles, qui impliquent des matériaux salissants et de multiples étapes où des erreurs peuvent se glisser, le flux de travail numérique offre un point de départ beaucoup plus fiable et reproductible.
Gouttières de blanchiment sur mesure : une application étonnamment high-tech
[00:04:30 – 00:06:32]
Plateaux de blanchiment Les gouttières de blanchiment dentaire constituent l'une des applications les plus courantes de l'impression 3D. Bien qu'elles paraissent simples, une gouttière mal ajustée peut entraîner des fuites de gel blanchissant sur les gencives, provoquant des irritations et réduisant l'efficacité du traitement.
Les gouttières conçues et imprimées numériquement offrent un ajustement bien plus précis, maintenant le gel en place sur les dents. Autre avantage pratique : en cas de perte ou de détérioration d’une gouttière (les chiens en sont apparemment souvent responsables), il est possible d’en fabriquer une nouvelle rapidement, sans avoir à recommencer le traitement depuis le début.
Appareils de contention et gouttières occlusales : une précision qui fait toute la différence
[00:06:32 – 00:08:25]
Les appareils de contention et les gouttières occlusales exigent un ajustement parfait. Un appareil mal positionné peut entraîner un déplacement des dents, tandis qu'une gouttière occlusale imprécise risque de ne pas protéger efficacement contre le grincement des dents ou le bruxisme.
Grâce à des scans numériques réalisés dans la position correcte de la mâchoire, le laboratoire dispose de toutes les informations nécessaires à la fabrication d'un appareil qui s'emboîte parfaitement, ne nécessitant que peu ou pas d'ajustements. Certains matériaux imprimés en 3D utilisés pour les gouttières occlusales sont fermes à température buccale, mais peuvent être légèrement ramollis dans l'eau chaude pour permettre un ajustement final — une propriété certes mineure, mais cliniquement utile.
Support pour les travaux de couronnes et de céramiques en laboratoire
[00:08:25 – 00:09:29]
Même lorsque la couronne finale est usinée ou pressée à partir de zircone ou de disilicate de lithium plutôt qu'imprimée, un modèle imprimé en 3D joue un rôle important. Les prothésistes dentaires l'utilisent pour vérifier l'ajustement au niveau des marges, contrôler les points de contact et affiner la forme avant même que la restauration ne soit posée au patient.
Le résultat : les couronnes s’ajustent parfaitement dès la première pose, ne nécessitant que peu ou pas de meulage. Les patients ne verront peut-être jamais le modèle imprimé, mais ils constatent directement l’amélioration de l’ajustement et du rendu.
Guides chirurgicaux et pose guidée d'implants
[00:09:29 – 00:10:32]
Un guide chirurgical imprimé en 3D sert de gabarit précis qui transpose la position de l'implant, planifiée numériquement, dans la bouche du patient. Au lieu de se fier uniquement à son jugement pendant l'intervention, le guide dirige la fraise avec exactitude à l'emplacement, à la profondeur et à l'angle requis.
Cette approche élimine les approximations lors du positionnement des implants et s'avère particulièrement précieuse dans les cas complexes où l'anatomie adjacente doit être scrupuleusement respectée. Les guides sont également utilisés dans les protocoles de soins prothétiques et esthétiques afin d'améliorer la reproductibilité des interventions.
Moulage par injection et dentisterie conservatrice
[00:10:32 – 00:11:34]
L'impression 3D s'intègre bien aux techniques de moulage par injection peu invasives. collage compositeUn dessin numérique est créé, présenté au patient, puis un modèle imprimé est utilisé pour produire le moule qui guidera la mise en place finale du composite.
Comme le procédé consiste à ajouter de la matière aux dents plutôt qu'à les limer, il s'agit d'une approche fondamentalement différente de ce que l'on appelle le traitement des dents. facettes à préparation minimaleCette technique peut néanmoins éliminer un pourcentage significatif de tissu dentaire sain. Le modèle imprimé rend cette approche additive plus précise et prévisible.
Visualiser le résultat avant le début du traitement
[00:11:34 – 00:16:03]
L'une des applications les plus centrées sur le patient est la simulation de sourire imprimée. Un dessin est réalisé numériquement, un modèle est imprimé, puis une empreinte en pâte est prise. Lors du rendez-vous, un matériau temporaire de la couleur des dents est appliqué sur les dents existantes du patient à l'aide de cette empreinte, lui permettant ainsi de voir un aperçu de son nouveau sourire dans le miroir en quelques minutes.
Les patients peuvent demander des ajustements — une dent légèrement plus longue ici, une proportion différente là — avant que les scans ne soient finalisés et envoyés au laboratoire. Ainsi, le résultat final reflète ce que le patient a réellement approuvé, et non une décision prise sans son avis.
Cet épisode soulève également une question éthique importante : présenter à un patient une simulation émotionnelle avant de lui dévoiler l’ensemble des détails, le calendrier et le coût du traitement est considéré comme une pratique inappropriée. Les patients méritent d’être pleinement informés dès le départ, notamment de comprendre l’engagement à long terme qu’implique toute réhabilitation majeure du sourire.
Prothèses dentaires imprimées en 3D et bridges sur implants
[00:16:03 – 00:18:38]
La technologie des prothèses dentaires modernes a considérablement progressé. Pour les patients nécessitant des solutions implantaires complètes, telles que les restaurations All-on-Four ou All-on-Six, l'impression 3D est impliquée à presque chaque étape : du guide chirurgical utilisé pour la pose des implants à la prothèse d'essai, jusqu'au bridge final imprimé ou en zircone qui est vissé en place.
L'aspect réaliste des prothèses dentaires imprimées est saisissant ; le flux de travail numérique permet d'obtenir des résultats d'un réalisme exceptionnel. Il existe également un avantage pratique considérable : grâce à l'archivage de toutes les données numériques, une prothèse de remplacement peut être imprimée en une journée si nécessaire, sans avoir recours à d'anciens modèles en plâtre susceptibles de s'être détériorés avec le temps.
Principaux avantages de l'impression 3D pour le patient
[00:18:38 – 00:20:03]
Les avantages pour les patients sont considérables. Les appareils et les restaurations sont parfaitement adaptés dès la première fois, ce qui réduit le besoin d'ajustements. Le traitement peut souvent être réalisé plus rapidement ; dans certains cas, les couronnes peuvent être posées en deux jours au lieu de deux semaines, à condition d'être coordonnées au préalable avec le laboratoire.
Fini les empreintes traditionnelles fastidieuses ! La conception et la réalisation de prothèses en une seule séance sont possibles pour les patients venant de l’étranger. L’ensemble du processus favorise une approche plus conservatrice, préservant ainsi la structure dentaire saine. La véritable valeur ajoutée ne réside pas dans la technologie elle-même, mais dans la précision et la prévisibilité des résultats qu’elle permet.
Les limites de l'impression 3D : quand d'autres méthodes restent meilleures
[00:20:03 – 00:22:26]
Tout ne devrait pas être imprimé en 3D simplement parce que c'est possible. Pour la version finale couronnes et incrustationsLes céramiques usinées ou pressées, comme la zircone et le disilicate de lithium, bénéficient d'une plus longue expérience et d'une longévité éprouvée. Les restaurations imprimées de ces catégories progressent rapidement, mais leur performance à long terme n'est pas encore considérée comme équivalente dans tous les cas.
Le choix entre impression, fraisage ou pressage d'une restauration doit toujours être guidé par la méthode offrant le meilleur résultat à long terme pour le patient concerné. Le coût et la rapidité sont des facteurs importants, mais ils ne doivent pas primer sur la qualité clinique. L'imprimante est un outil – certes très performant – mais elle ne saurait se substituer à un jugement clinique éclairé.
Transcription
Eon Engelbrecht (0:00)
Bonjour et bienvenue dans « Économisez votre argent, préservez vos dents », le podcast qui vous aide à protéger votre sourire et votre budget grâce à des conseils clairs et pratiques. Je suis Eon et, comme toujours, je suis accompagné du Dr Clifford Yudelman d'OptiSmile, cabinet dentaire situé à Sea Point, dans la magnifique ville du Cap. Aujourd'hui, nous abordons l'une des plus grandes révolutions de la dentisterie moderne : l'impression 3D.
Beaucoup pensent peut-être que cela ne concerne que les couronnes ou les gadgets futuristes, mais en réalité, l'impression 3D est déjà utilisée dans les cabinets dentaires et les laboratoires pour une multitude d'applications : gouttières de blanchiment, appareils de contention, attelles occlusales, modèles de couronnes, guides chirurgicaux, maquettes de sourire, prothèses partielles et même prothèses complètes. Aujourd'hui, nous allons donc vous expliquer comment cela fonctionne, ce qui est possible au cabinet dentaire et ce qui se passe encore au laboratoire, et surtout comment cette technologie peut rendre les traitements plus précis, plus confortables et, dans certains cas, plus efficaces et plus économiques pour les patients. Docteur Yudelman, c'est un plaisir de vous retrouver.
Dr Clifford Yudelman (1:18)
Ravi d'être de retour. Merci pour cette belle introduction. En fait, je crois que le podcast est terminé. C'est exactement ce que je voulais dire.
Eon Engelbrecht (1:31)
Non, j'ai encore beaucoup de questions à vous poser. J'espère que vous êtes prêt(e). J'ai dix questions à vous poser.
Dr Clifford Yudelman (1:35)
Je croyais que vous me donniez les réponses et les questions aujourd'hui. Vous devez avoir beaucoup de temps libre.
Eon Engelbrecht (1:43)
Apparemment oui. Alors, quand on entend parler d'« impression 3D en dentisterie », qu'est-ce que cela signifie concrètement dans un cabinet dentaire ou un laboratoire ?
Dr Clifford Yudelman (1:57)
Cela signifie que nous pouvons scanner votre bouche avec l'un de nos scanners 3D : soit l'iTero, soit notre tout dernier modèle, le scanner sans fil Shining 3D Aoral Elite, un appareil exceptionnel. Nous pouvons scanner l'ensemble de votre mâchoire supérieure, vos dents, votre palais et vos gencives en environ 90 secondes, et la même chose pour la mâchoire inférieure. Les données sont ensuite enregistrées dans le cloud. En quelques secondes, nous pouvons les importer dans d'autres logiciels, concevoir un modèle sur ordinateur, puis l'imprimer en 3D ou l'envoyer à notre laboratoire.
Une fois la numérisation terminée, nous pouvons l'envoyer directement au laboratoire via le logiciel dédié. Ils peuvent alors concevoir le modèle sur ordinateur et l'imprimer. Il s'agit généralement d'une maquette, imprimée avec une très grande précision, couche par couche. La plupart des impressions 3D en dentisterie utilisent la résine. Un bain de résine est préparé – il faut le remuer si nécessaire – puis une plaque descend, chauffe la résine et dépose des couches de 50 ou 100 microns, soit l'épaisseur d'une feuille de papier.
C'est extrêmement fin. On ne voit aucune ligne. C'est d'une précision incroyable et on peut imprimer un guide pour la chirurgie implantaire, ou une gouttière (une sorte de gouttière occlusale à porter en cas de bruxisme). On peut imprimer une prothèse dentaire et il existe même maintenant des résines pour imprimer des inlays, des onlays et des facettes. Fini les empreintes traditionnelles : la pâte à mettre en bouche, le plâtre, le coulage, le façonnage et la prudence ! On travaille désormais à partir d'une base numérique beaucoup plus précise. Ça paraît futuriste, mais cette technologie existe en dentisterie depuis longtemps. Aujourd'hui, les imprimantes sont accessibles aux cabinets dentaires individuels, et chez OptiSmile, nous avons le modèle le plus récent et le plus performant, conçu en Californie : la SprintRay Pro 2. Elle est tout simplement incroyable.
Eon Engelbrecht (4:30)
C'est incroyable, oui. Et je pense que la plupart des gens ne s'attendraient pas à ce que les gouttières de blanchiment fassent appel à une technologie aussi avancée. Alors, comment l'impression 3D contribue-t-elle à la fabrication de gouttières de blanchiment sur mesure, Docteur ?
Dr Clifford Yudelman (4:44)
C'est l'une des utilisations les plus courantes, car de nos jours, presque tout le monde souhaite un blanchiment dentaire. Si vous réécoutez le podcast sur le blanchiment, vous m'entendrez dire qu'il est inutile de faire un blanchiment au fauteuil si vous ne prévoyez pas d'utiliser ensuite des gouttières. En fait, si vous n'êtes pas pressé, vous pouvez simplement opter pour des gouttières de blanchiment et éviter complètement le blanchiment au fauteuil. Certains dentistes ou hygiénistes dentaires qui gagnent leur vie en vendant des blanchiments au fauteuil à tout le monde n'apprécieront peut-être pas ce que je dis, mais c'est pourtant la vérité.
Honnêtement, beaucoup de gens sont pressés et optent pour le blanchiment en cabinet, puis repartent avec des gouttières de blanchiment à domicile. Or, si ces gouttières semblent simples, un mauvais ajustement peut entraîner des fuites de gel, une irritation des gencives et des désagréments. Grâce aux scans numériques et aux modèles imprimés, nous pouvons fabriquer des gouttières beaucoup plus précises et confortables. Le gel reste ainsi sur les dents et non sur les gencives ou dans la bouche. De plus, en cas de perte ou de morsure du chien (ce qui arrive malheureusement assez souvent), il est beaucoup plus facile d'en refaire une. Nous pouvons simplement vous en fabriquer une nouvelle.
Eon Engelbrecht (5:53)
Je ne savais pas que ça arrivait. C'est intéressant.
Dr Clifford Yudelman (5:56)
Les chiens adorent les appareils dentaires, les gouttières de blanchiment et les attelles de morsure. Croyez-moi, ça m'est arrivé. J'avais un petit chien quand j'habitais à Perth, et il sautait littéralement sur le lit pour les attraper sur la table de chevet. Ou si c'était trop haut, il allait au placard, prenait un escabeau, grimpait dessus et l'attrapait. Ils le veulent plus que tout, croyez-moi.
Eon Engelbrecht (6:22)
Oh mon Dieu.
Dr Clifford Yudelman (6:24)
Joli jouet. Je ne sais pas ce que c'est. C'est peut-être l'odeur. Assurez-vous de bien le laver.
Eon Engelbrecht (6:32)
Je voudrais également vous demander : comment les appareils de contention et les gouttières occlusales bénéficient-ils de l'impression 3D et de la conception numérique ?
Dr Clifford Yudelman (6:40)
Là encore, ces appareils requièrent une grande précision. Si un appareil de contention n'est pas correctement ajusté, les dents peuvent se déplacer. De même, si une gouttière occlusale ou une protection nocturne est imprécise, elle risque de ne pas protéger correctement vos dents ni de maintenir une bonne occlusion.
Grâce aux scans numériques et aux modèles imprimés, la production est beaucoup plus simple et uniforme. C'est un avantage considérable pour les patients car, en cas de perte ou de dommage, nous n'avons pas à tout recommencer. Le plus remarquable avec les gouttières occlusales imprimées en 3D pour les personnes souffrant de bruxisme (grincement des dents), c'est que nous prenons un scan de votre mâchoire supérieure, un autre de votre mâchoire inférieure, puis nous positionnons votre bouche correctement, avec l'espacement adéquat entre vos dents. Nous vous scannons ensuite dans cette position. Lorsque le laboratoire reçoit le scan, vos dents sont légèrement écartées, mais cela reste cohérent avec votre mâchoire. Une fois les gouttières reçues, elles s'emboîtent parfaitement. Aucun ajustement n'est nécessaire, ce qui est toujours très contraignant.
De plus, concernant les matériaux imprimés en 3D, le laboratoire utilise un matériau appelé e.stone soft. C'est un matériau très rigide et dur à température ambiante dans la bouche. Il y a quelques semaines, une patiente est venue me consulter car la gouttière que nous lui avions fabriquée était un peu serrée. Je l'ai plongée quelques secondes dans de l'eau très chaude. Elle n'a pas fondu, mais elle est devenue légèrement plus souple. Nous l'avons mise en place et elle s'est clipsée très facilement. Ensuite, elle s'est parfaitement adaptée à ses dents. Si vous optez pour une gouttière, il ne vous en faut pas une molle ou qui soit trop souple. Ce n'est pas un protège-dents sportif. C'est une gouttière Michigan sur mesure, ou une véritable gouttière pour le bruxisme, ou encore une gouttière nocturne, comme on les appelle.
Eon Engelbrecht (8:25)
Côté laboratoire, comment les modèles imprimés en 3D sont-ils utilisés pour la fabrication des couronnes en zircone et en disilicate de lithium ?
Dr Clifford Yudelman (8:36)
Même si la couronne définitive n'est pas encore imprimée, un modèle imprimé permet au laboratoire d'effectuer un travail plus précis. Le prothésiste dentaire en a besoin pour vérifier l'ajustement au niveau des marges (côté gencive), les points de contact, l'occlusion dentaire et la forme générale. Cela se traduit généralement par moins d'ajustements lors de la consultation.
Aujourd'hui, grâce aux couronnes en céramique usinées ou pressées en disilicate de lithium ou en zircone, réalisées à partir d'un modèle imprimé en 3D, le résultat est tout simplement parfait. On les pose directement, sans avoir besoin de les meuler. Le patient ne verra peut-être jamais ce modèle imprimé en 3D, mais il en tire un bénéfice indéniable, tout comme de cette nouvelle technologie de fabrication des couronnes.
Eon Engelbrecht (9:29)
Que sont les guides imprimés en 3D et où font-ils la plus grande différence en dentisterie ?
Dr Clifford Yudelman (9:36)
Un guide est en quelque sorte un gabarit qui nous aide à transposer un plan numérique dans la bouche avec une grande précision. Nous l'utilisons notamment pour les implants, mais aussi pour les soins esthétiques et restaurateurs. Le guide permet de positionner l'implant avec exactitude et nous indique précisément son emplacement. Grâce à la dentisterie de précision guidée, il n'y a pas de place pour l'approximation : l'implant est toujours posé exactement au bon endroit. Nous utilisons également des guides imprimés en 3D pour d'autres interventions, et je suis certain que certaines de vos questions ultérieures aborderont ce sujet.
Eon Engelbrecht (10:22)
Docteur, vous parlez souvent de moulage par injection et de dentisterie mini-invasive. Quelle est la place de l'impression 3D dans ce processus ?
Dr Clifford Yudelman (10:32)
Le résultat est parfait. Nous pouvons concevoir la forme idéale de la dent numériquement, la montrer au patient via une vidéo enregistrée à l'écran, et même réaliser une vidéo de simulation du rendu final grâce à l'intelligence artificielle. Nous imprimons un modèle de cette conception, qui sert ensuite à fabriquer un moule pour l'injection. L'élément imprimé ne correspond pas toujours à la restauration définitive ; il s'agit parfois simplement d'une étape intermédiaire permettant d'obtenir un résultat final plus précis.
C'est l'une des raisons pour lesquelles l'impression 3D est si efficace en dentisterie conservatrice sans fraise : elle permet d'ajouter de la matière dentaire au lieu de la tailler inutilement, comme c'est le cas pour les facettes dentaires « minimales » ou les facettes dites « minimales », qui peuvent en réalité enlever 5 à 10 % de la dent. Grâce au collage composite moulé par injection et à l'un de ces modèles imprimés en 3D avec moules, on ajoute de la matière dentaire là où c'est nécessaire. C'est un avantage considérable.
Eon Engelbrecht (11:34)
Comment l'impression 3D peut-elle aider à la conception du sourire et à la réalisation d'essais imprimés avant le traitement final ?
Dr Clifford Yudelman (11:45)
L'essai du sourire, ou simulation de sourire, est l'un des aspects les plus agréables pour le patient en dentisterie numérique. Au lieu de simplement montrer des images sur un écran ou de demander au patient d'imaginer le résultat, nous créons un modèle, puis nous réalisons une empreinte en pâte à modeler. Le patient vient et nous remplissons cette empreinte avec un matériau plastique temporaire de la couleur de la dent. Il ressemble à la résine composite utilisée pour les facettes définitives, mais il est plus facile à retirer. Nous l'appliquons, il prend quelques minutes à durcir. Ensuite, nous le retirons, nettoyons les éventuels excédents, et le patient peut se regarder dans le miroir et voir exactement à quoi ressembleront ses nouvelles facettes ou son moulage par injection. Nous pouvons effectuer des ajustements, puis prendre des photos et de nouveaux scans que nous envoyons au laboratoire afin que le travail final corresponde parfaitement à ce que le patient a visualisé. Il n'y a aucune incertitude.
Sans ce processus, on pourrait vous tailler les dents, prendre une empreinte, et recevoir du laboratoire un résultat sur lequel vous n'auriez eu aucun contrôle. La dent pourrait être beaucoup trop grande ou pas assez. Ce processus permet au patient de dire : « Oui, j'adore ! » ou « Peut-on allonger un peu cette dent ou raccourcir un peu celle-ci ? »
Je ne l'utilise pas pour le moulage par injection, car c'est généralement une intervention très peu invasive — on modifie légèrement la dent — et les patients peuvent se faire une idée précise du résultat grâce à la méthode que j'ai mentionnée précédemment. En revanche, si une personne a des dents très abîmées et qu'elle doit recevoir des couronnes, des facettes et des implants, ce qui représente un changement important — si l'on renforce ses supports ou si l'on modifie son occlusion —, alors les maquettes imprimées ou les essais de prothèses sont absolument essentiels au traitement.
Je voudrais ajouter quelque chose. Je ne crois pas à ce qu'on appelle la dentisterie émotionnelle, et je ne la pratique pas. Cette technique consiste à faire tout à l'envers : on scanne le patient, puis, en secret – sans en discuter avec lui –, on planifie une transformation complète du sourire avec le laboratoire, sans lui donner de devis ni la moindre idée du processus. Ensuite, le patient arrive, on réalise une maquette, on la remplit, on la place sur sa bouche, on la retire et on la lui montre dans le miroir. Souvent, ce moment est filmé. C'est très théâtral. Mais le patient n'a encore pas été informé qu'il pourrait avoir besoin d'implants, de deux ans d'orthodontie, ni du coût et de tout ce que cela implique. Il développe un attachement émotionnel à ce sourire.
J'ai le sentiment – et certains dentistes qui travaillent avec des professionnels pratiquant cette méthode ne seront peut-être pas d'accord, voire contrariés – qu'il est contraire à l'éthique de montrer quelque chose à un patient sans lui en expliquer tous les détails. C'est comme vous emmener chez un concessionnaire Ferrari, vous donner les clés, vous laisser conduire, sans vous dire combien ça coûte. Ce n'est peut-être pas le meilleur exemple, mais je pense que c'est une mauvaise utilisation de cette technologie. Le patient devrait être impliqué dès le début. Il devrait connaître les coûts et les étapes du traitement. Il peut voir des gros plans et des photos avant/après d'autres patients lors d'un entretien individuel. Personnellement, je ne suis pas non plus favorable à la publication de photos avant/après sur Instagram ou Facebook, car c'est la même chose : les gens imaginent leur nouveau sourire sans se rendre compte de l'engagement en termes de temps, de coût, de frais de remplacement, ni de tous les autres aspects évoqués précédemment.
Eon Engelbrecht (16:03)
Non, je suis tout à fait d'accord. J'ai vu une femme sur TikTok récemment avec un sourire incroyable. On l'a filmé en gros plan, et l'instant d'après, elle a enlevé ses dents et a révélé qu'elles étaient imprimées en 3D. J'étais bluffée, parce qu'au départ, on n'aurait jamais deviné que c'étaient des prothèses. C'est vraiment bluffant de réalisme. Si elle ne les avait pas enlevées, je pense que c'était juste un petit tour de magie.
Dr Clifford Yudelman (16:41)
Avait-elle des dents en dessous quand vous dites qu'elle l'a enlevé ?
Eon Engelbrecht (16:44)
Non, non. Juste des gencives.
Dr Clifford Yudelman (16:47)
D'accord, il s'agissait d'un implant, comme un bridge All-on-Six qui se clipse sur les implants. C'était son essai. On peut aussi les imprimer en 3D. Je crois que la question arrive bientôt, peut-être la huitième. Voyons voir.
Eon Engelbrecht (17:09)
Vous avez raison. L'impression 3D peut donc clairement être utilisée pour les prothèses dentaires partielles et complètes. Docteur, où en est cette technologie ?
Dr Clifford Yudelman (17:18)
C'est incroyable. Cette patiente que vous avez vue sur TikTok… elle devait avoir une dentition catastrophique, du moins je l'espère, car on ne lui a pas simplement arraché les dents. On lui a extrait toutes les dents. On a utilisé la technique de la chirurgie implantaire guidée pour poser quatre implants (on appelle ça du « All-on-Four »), mais généralement, il en faut cinq, six, voire plus. Ensuite, on a utilisé l'impression 3D pour concevoir une prothèse qui se fixe sur les implants, et enfin, un bridge fixe en zircone ou imprimé en 3D, vissé sur les implants et retiré seulement tous les deux ans pour vérifier ces derniers.
Aujourd'hui, tout cela – les modèles imprimés, les bases imprimées, l'essayage, et même les dents prothétiques définitives et la partie rose de la prothèse – est imprimé en 3D. Cela ne remplace ni le bon jugement clinique ni le savoir-faire d'un excellent prothésiste. Cela rend simplement le processus beaucoup plus efficace et reproductible. C'est particulièrement utile en cas de besoin de refaire une prothèse. Si une personne âgée perd sa prothèse, le laboratoire peut en imprimer une nouvelle en une journée grâce aux données numériques, au lieu de conserver des armoires remplies de vieux modèles en plâtre qui s'abîment ou se cassent souvent.
Eon Engelbrecht (18:38)
Incroyable. Par ailleurs, du point de vue du patient, Docteur, quels sont selon vous les principaux avantages de cette technologie d'impression 3D ?
Dr Clifford Yudelman (18:49)
Il y a tellement d'avantages, en plus de ceux que nous avons déjà mentionnés. L'un d'eux est la précision : les prothèses s'ajustent parfaitement du premier coup. Ensuite, il y a le confort : une prothèse imprimée en 3D, un nouvel inlay ou une couronne est précis, bien ajusté et confortable. Pour la communication, comme nous l'avons évoqué, pour les maquettes, etc. Et pour la commodité : il m'est arrivé de concevoir, d'imprimer et de réaliser une maquette pour un patient lors d'une même consultation. Le patient venait de l'étranger, il s'asseyait avec moi, nous concevions la prothèse, nous imprimions un modèle et nous l'essayions. C'est formidable ! Plus besoin d'empreintes fastidieuses : on utilise des scans 3D. Dans de nombreux cas, le traitement est beaucoup plus rapide. Au lieu d'attendre deux semaines pour une couronne, si nous la réservons à l'avance auprès d'un laboratoire et qu'ils sont informés de notre commande, nous pouvons l'obtenir en deux jours. Cela nous permet de privilégier une dentisterie conservatrice et de préserver davantage la structure saine de la dent.
Le véritable avantage ne réside pas dans l'apparence high-tech du cabinet. Il réside dans le fait que le patient bénéficie d'un traitement plus précis et plus prévisible.
Eon Engelbrecht (20:03)
Et une dernière question : existe-t-il encore des limites à l’impression 3D en dentisterie, et comment décide-t-on ce qui doit être imprimé et ce qui ne doit pas l’être ?
Dr Clifford Yudelman (20:14)
C'est une excellente question, surtout en ce moment. Je ne pense pas que tout doive être imprimé en 3D simplement parce que c'est possible. Certaines pièces restent mieux usinées ou pressées. Nous avons évoqué l'usinage de la céramique en une seule journée, suivi de son collage, car certains de ces matériaux existent depuis près de 20 ans et nous savons que rien ne surpasse l'Emax ou le disilicate de lithium. Une couronne imprimée en 3D pourrait être moins chère ou plus rapide à produire. Mais même si les résultats sont prometteurs, je pense qu'il reste encore du chemin à parcourir avant qu'elles n'atteignent la même longévité qu'une couronne en zircone ou en Emax usinée ou pressée.
Certains dentistes qui nous écoutent impriment tout. Je me tiens au courant des dernières avancées, mais je préfère ne pas être le premier, car je n'aime pas faire d'expérimentations sur les patients. J'imagine que si un dentiste aux États-Unis nous écoute et se rend dans un cabinet dentaire conventionné (un HMO ou un PPO, comme on dit en Amérique) et a besoin de huit ou dix inlays, tous imprimables simultanément et bien moins chers, ils seront meilleurs qu'un gros plombage, pour un prix deux à quatre fois inférieur à celui de la céramique usinée, et la réalisation sera plus rapide. Je pense que ce moment est imminent. Pour moi, il n'est pas encore arrivé, même si je me suis inscrit et que j'ai suivi deux formations en ligne très approfondies, de plus de 12 heures chacune, à 20 000 rands chacune : l'une sur l'impression 3D de facettes et l'autre sur l'impression 3D de plombages. Nous avons déjà utilisé cette technique dans certains cas, pour des patients âgés ou des personnes disposant d'un budget très limité. Mais il est clair que l'imprimante est un outil précieux. Ce n'est pas de la magie. Et je pense que la décision se résume toujours à ce qui offrira au patient le meilleur résultat à long terme. Si cela apporte une valeur ajoutée, alors nous l'utilisons. Si une autre solution est meilleure — même s'il s'agit d'une technologie plus ancienne et plus coûteuse —, nous l'utiliserons, pour le moment.
Eon Engelbrecht (22:26)
Docteur Yudelman, merci infiniment de nous avoir éclairés sur l'impact de l'impression 3D en dentisterie moderne. Vos explications ont été extrêmement instructives et nous vous remercions du temps que vous nous avez consacré.
Dr Clifford Yudelman (22:38)
Merci. J'ai beaucoup apprécié l'émission d'aujourd'hui et vos excellentes questions. Merci encore. J'ai hâte de vous reparler la semaine prochaine d'un sujet que nous avons brièvement abordé : le vapotage par rapport au tabagisme. J'ai vraiment hâte d'en discuter.
Eon Engelbrecht (23:00)
Un autre sujet intéressant vous attend la semaine prochaine. Mais le plus important aujourd'hui, c'est que l'impression 3D n'est pas qu'une simple technologie à la mode. Bien utilisée, elle peut rendre la dentisterie plus précise, plus confortable, plus conservatrice et plus efficace, tant pour le dentiste que pour le patient. Si cet épisode vous a plu, abonnez-vous à « Économisez votre argent, préservez vos dents » sur votre plateforme de podcasts préférée et partagez-le avec quelqu'un à qui il pourrait être utile. Vous pouvez également consulter OptiSmile.co.za pour en savoir plus sur la dentisterie numérique et les traitements dont nous avons parlé aujourd'hui. En attendant, prenez soin de vos dents et elles vous le rendront bien.
Annonceur (24:05)
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Avis de non-responsabilité : le contenu fourni dans ce podcast, « Économisez votre argent, économisez vos dents » les lundis médicaux, est uniquement destiné à des fins informatives et éducatives. Il n’est pas destiné à servir de conseil dentaire ou médical. Les idées et opinions exprimées par le Dr Clifford Yudelman et les invités visent à favoriser une meilleure compréhension de la santé dentaire, des mesures préventives et du bien-être général, mais ne doivent pas être interprétées comme des recommandations dentaires ou médicales professionnelles. Clifford Yudelman ne diagnostique, ne traite ni ne propose de stratégies de prévention pour des problèmes de santé directement via ce podcast. Cette plateforme ne remplace pas les soins et conseils personnalisés fournis par un professionnel dentaire ou de santé agréé. Nous encourageons fortement nos auditeurs à consulter leurs propres prestataires de soins dentaires pour répondre aux besoins et préoccupations individuels en matière de santé dentaire. Les informations partagées ici visent à donner aux auditeurs des connaissances sur la santé dentaire, mais ne doivent pas être utilisées comme base pour prendre des décisions liées à la santé sans conseils professionnels. Votre fournisseur de soins dentaires est la meilleure source de conseils sur votre santé dentaire et globale. Veuillez toujours demander conseil à votre dentiste ou à d’autres professionnels de la santé qualifiés pour toute question ou préoccupation concernant votre santé dentaire.


