Épisode 105 : Cancer de la bouche – Signes, risques et conseils de dépistage précoce

Chapitres

Pourquoi la sensibilisation au cancer buccal est importante

[00:00:04 – 00:01:22]

Le cancer de la bouche est un sujet qui ne bénéficie pas de l'attention publique qu'il mérite. Contrairement aux cancers du sein ou de la prostate, il est rarement mis en avant dans les campagnes de sensibilisation, alors même que les taux de survie sont faibles précisément parce qu'il est très souvent diagnostiqué tardivement.

Comprendre les signes avant-coureursConnaître les facteurs de risque et se faire dépister régulièrement peut faire toute la différence. Le dépistage précoce sauve véritablement des vies.

Le cancer de la bouche est-il de plus en plus fréquent ?

[00:01:22 – 00:02:34]

Le cancer de la bouche est fréquent. À l'échelle mondiale, l'incidence des cancers touchant la bouche, la langue et la gorge est en augmentation. Si, traditionnellement, il était associé aux hommes âgés qui fument et consomment de l'alcool de façon excessive, ce profil évolue considérablement.

En Afrique du Sud, le cancer de la bouche est un problème de santé grave, souvent diagnostiqué à un stade avancé, ce qui aggrave considérablement le pronostic. L'idée reçue selon laquelle il est rare est davantage due à un manque de campagnes de sensibilisation qu'à une faible incidence.

Le lien entre le VPH et le cancer de la bouche

[00:02:35 – 00:03:53]

Le papillomavirus humain, et plus particulièrement la souche HPV-16, est aujourd'hui reconnu comme une cause majeure de cancer oropharyngé, un cancer qui touche la partie postérieure de la langue et la gorge. Ces cancers diffèrent biologiquement de ceux causés par le tabac et l'alcool.

Les cancers de la bouche liés au HPV touchent souvent des patients jeunes sans antécédents de tabagisme ni de consommation excessive d'alcool, et se transmettent principalement par contact sexuel oral. Bien qu'ils répondent généralement mieux au traitement, ils sont fréquemment diagnostiqués tardivement car leurs premiers symptômes sont très discrets.

Cette évolution du profil type du patient rend l'examen oral approfondi Les examens — y compris ceux de la gorge et de la base de la langue — sont plus importants que jamais.

À quoi ressemble une lésion suspecte ?

[00:03:54 – 00:04:52]

Le cancer buccal à un stade précoce ne présente pas toujours d'aspect alarmant. Il peut se manifester par un ulcère persistant, une plaque rouge, une plaque blanche ou une zone mixte rouge et blanche qui ne guérit pas en deux à trois semaines.

Parmi les autres signes d'alerte, on note l'apparition de grosseurs inexpliquées, d'épaississements, d'engourdissements ou de changements de texture. La douleur n'est pas un indicateur fiable : de nombreux cancers à un stade précoce sont totalement indolores. Le principal signe d'alerte est la persistance : tout symptôme qui ne disparaît pas spontanément en quelques semaines doit être examiné rapidement par un dentiste.

Pourquoi la langue et le plancher buccal sont si importants

[00:04:52 – 00:05:46]

Les côtés et le dessous de la langue figurent parmi les zones les plus fréquemment touchées par le cancer de la bouche. Les tissus y sont fins et richement vascularisés, ce qui les rend particulièrement vulnérables ; pourtant, c’est une zone que la plupart des gens n’osent jamais examiner eux-mêmes.

Un auto-examen simple consiste à pincer la langue avec une compresse, à la tirer vers l'extérieur et à examiner attentivement ses côtés et sa face inférieure. Des changements subtils sont souvent perceptibles avant même d'être visibles ; c'est pourquoi un examen clinique complet comprend également la palpation de la mâchoire et du cou à la recherche de toute grosseur anormale.

Le VELscope : Améliorer la détection des tissus anormaux

[00:05:47 – 00:07:03]

Le VELscope Il s'agit d'un outil de dépistage qui utilise une longueur d'onde spécifique pour faire fluorescer les tissus buccaux. Les tissus sains présentent une fluorescence normale, tandis que les zones contenant des cellules anormales apparaissent plus sombres ou irrégulières sous l'appareil.

Il est plus répandu aux États-Unis qu'en Afrique du Sud et ne permet pas, à lui seul, de diagnostiquer un cancer. Toutefois, il constitue un complément utile à l'examen clinique standard, aidant les cliniciens à identifier des zones suspectes qui pourraient autrement passer inaperçues.

La douleur n'est pas un signe avant-coureur sur lequel on peut se fier.

[00:07:03 – 00:08:00]

Un point essentiel concernant le cancer de la bouche est qu'il est souvent totalement indolore à ses débuts. Les aphtes courants, douloureux mais qui guérissent en une semaine environ, ne sont généralement pas inquiétants ; la lésion préoccupante est celle qui se développe et ne guérit pas.

La douleur n'apparaît généralement que lorsque le cancer a commencé à affecter les tissus nerveux, et à ce stade, la maladie peut déjà être avancée. L'absence de douleur ne doit jamais être interprétée comme un signe rassurant qu'un changement persistant est sans danger.

Comment l'alcool et le tabac multiplient les risques

[00:08:00 – 00:10:16]

L'alcool et le tabac ne se contentent pas d'additionner leurs effets nocifs respectifs ; leur relation synergique multiplie considérablement les risques. Les alcools forts, en particulier, augmentent fortement la perméabilité des tissus buccaux, facilitant ainsi la pénétration des molécules cancérigènes issues du tabac.

Les personnes qui fument et consomment de l'alcool de façon excessive présentent un risque de cancer de la bouche nettement plus élevé que celles qui ne consomment qu'un seul de ces produits. L'utilisation régulière de bains de bouche contenant de l'alcool a également été associée à des modifications tissulaires similaires.

Réduire ou éliminer l'une ou l'autre de ces habitudes diminue le risque global. Arrêter complètement de fumer est la mesure la plus efficace, mais même modérer sa consommation d'alcool — par exemple, en remplaçant les spiritueux par une boisson plus légère — apporte un bénéfice significatif.

Taux de survie : l’importance du dépistage précoce

[00:10:17 – 00:11:00]

Lorsqu'il est détecté à un stade précoce, le cancer de la bouche présente un taux de survie à cinq ans supérieur à 80 %. Diagnostiqué tardivement, c'est-à-dire une fois que le cancer s'est propagé aux ganglions lymphatiques ou aux tissus environnants, ce taux peut chuter bien en dessous de 40 %.

Le traitement des stades avancés est également beaucoup plus agressif et peut impliquer une chirurgie lourde, une radiothérapie et une chimiothérapie. Le dépistage précoce permet non seulement de sauver des vies, mais aussi de réduire considérablement la lourdeur des traitements nécessaires.

Comment réaliser un auto-examen à domicile

[00:11:01 – 00:13:00]

Un auto-examen mensuel est particulièrement recommandé pour les personnes présentant des facteurs de risque importants, tels que le tabagisme important, le vapotage, l'utilisation de sachets de tabac ou une forte consommation d'alcool. Sous un bon éclairage (la lumière naturelle réfléchie par le rétroviseur d'une voiture est étonnamment efficace), examinez vos lèvres, vos joues, vos gencives, votre langue, le plancher buccal et votre gorge.

Avec les mains propres, palpez également les joues, les lèvres et la zone sous la mâchoire, là où se trouvent les ganglions lymphatiques, à la recherche de petites bosses ou irrégularités. Une lampe de maquillage grossissante avec éclairage annulaire peut également s'avérer utile pour un examen approfondi.

L'auto-examen ne remplace pas dépistage professionnelmais elle permet de se familiariser avec ce qui est normal et d'identifier les changements qui nécessitent une attention rapide de la part d'un dentiste.

Dépistage du cancer buccal chez OptiSmile

[00:13:01 – 00:14:31]

Chez OptiSmile, le dépistage du cancer buccal fait partie intégrante de chaque examen ; il ne s’agit pas d’une option. Les dentistes et les hygiénistes examinent et palpent systématiquement les tissus mous, notamment en tirant la langue pour vérifier toutes les surfaces, et prennent des photos cliniques de toute zone nécessitant une surveillance.

Tout problème constaté est examiné lors d'une consultation de suivi afin de déterminer s'il est résolu. Si une anomalie est détectée, les patients sont orientés vers un pathologiste buccal ou un parodontiste pour une biopsie. Le message de cet épisode est clair : n'ignorez pas les changements dans votre bouche et ne sous-estimez pas l'importance d'un suivi régulier. examen dentaire — Cela pourrait concerner bien plus que vos dents.

Eon Engelbrecht (0:04)
Bonjour et bienvenue dans « Économisez votre argent, préservez vos dents », le podcast où nous abordons les sujets dentaires qui peuvent réellement améliorer votre santé, votre confiance en vous et votre qualité de vie. Je suis Eon, et aujourd'hui, nous parlons d'un sujet très important, mais souvent négligé : le cancer buccal. C'est un sujet qui peut paraître un peu intimidant, mais plus on en parle, plus on réalise l'importance de la sensibilisation. Savoir reconnaître les signes, comprendre les facteurs de risque et se faire dépister précocement peut faire toute la différence. Je suis de nouveau en compagnie du Dr Clifford Yudelman d'OptiSmile, qui nous aidera à mieux comprendre les signes, les risques et l'importance du dépistage régulier. Dr Yudelman, c'est un plaisir de vous retrouver.

Dr Clifford Yudelman (1:00)
Ravi d'être de retour, merci. Après avoir fumé et vapoté la dernière fois, je pensais qu'on aborderait directement le cancer de la bouche cette fois-ci.

Eon Engelbrecht (1:13)
On n'entend pas souvent parler du cancer de la bouche, du moins c'est mon cas. Est-ce une maladie rare ou est-elle de plus en plus fréquente ?

Dr Clifford Yudelman (1:22)
Ce n'est pas rare. En fait, c'est même de plus en plus fréquent à l'échelle mondiale. Si, traditionnellement, on l'associait aux hommes âgés qui fument et consomment de l'alcool en excès, ce profil évolue considérablement. Les données mondiales montrent que l'incidence des cancers de la bouche, de la langue et de la gorge est en augmentation, notamment celle des cancers liés au papillomavirus humain (VPH).
En Afrique du Sud, le cancer de la bouche représente un problème de santé publique majeur. Souvent diagnostiqué tardivement, voire très tardivement, il compromet fortement le pronostic. Si le grand public le perçoit comme rare, c'est notamment parce qu'il ne bénéficie pas des mêmes campagnes de sensibilisation que le cancer du sein ou de la prostate. Pourtant, le taux de survie reste faible, car il est souvent détecté à un stade avancé. Le message essentiel est clair : le cancer de la bouche est suffisamment fréquent pour que le dépistage régulier soit indispensable, et un diagnostic précoce peut sauver des vies.

Eon Engelbrecht (2:35)
D'accord, et quel est le lien entre le VPH, ou virus du papillome humain, et le cancer de la bouche ?

Dr Clifford Yudelman (2:43)
Le VPH, et plus particulièrement le VPH-16, est désormais reconnu comme une cause majeure de cancer de l'oropharynx, qui comprend la bouche et la gorge. Il s'agit donc de la partie postérieure de la langue et de la gorge. Ces cancers sont biologiquement différents de ceux causés par les voies habituelles, à savoir le tabac et l'alcool.
Les cancers de la bouche liés au VPH touchent souvent des patients beaucoup plus jeunes et peuvent survenir chez des personnes n'ayant jamais fumé ni consommé d'alcool de façon excessive. La transmission se fait principalement par contact sexuel oral. Il est important de noter que les cancers de la bouche associés au VPH répondent souvent mieux au traitement que les cancers de la bouche classiques, mais ils sont fréquemment diagnostiqués plus tardivement car leurs symptômes sont très discrets. Cette évolution souligne l'importance d'examens buccaux approfondis incluant la gorge et la base de la langue, et pas seulement les dents et les gencives.

Eon Engelbrecht (3:54)
Docteur, à quoi devons-nous faire attention ? À quoi ressemble une lésion ou une plaque suspecte à l’intérieur de la bouche ?

Dr Clifford Yudelman (4:01)
Les symptômes ne sont pas toujours impressionnants. Un cancer buccal à un stade précoce peut se manifester par un ulcère persistant, une petite plaque rouge, une plaque blanche ou une zone rouge et blanche mixte qui ne guérit pas en deux ou trois semaines. Si vous présentez l'un de ces symptômes et qu'il ne disparaît pas, il est important de consulter un médecin.
Parmi les autres signes d'alerte, on retrouve les grosseurs inexpliquées, les zones épaissies, l'engourdissement ou les changements de texture. La douleur n'est pas un indicateur fiable. De nombreux cancers à un stade précoce sont totalement indolores. Le signe d'alerte principal est la persistance des symptômes. En clair, si la grosseur ne disparaît pas spontanément en quelques semaines, il est important de consulter un médecin. C'est primordial. Les patients doivent examiner attentivement leur bouche et être vigilants.

Eon Engelbrecht (4:52)
Je crois qu'il est également très important de vérifier les côtés de la langue et le plancher buccal. Est-ce exact ?

Dr Clifford Yudelman (4:59)
Oui, c'est l'endroit le plus fréquent pour le cancer de la bouche. Les tissus y sont plus fins et très vascularisés, ce qui les rend plus vulnérables. C'est une zone que peu de gens examinent eux-mêmes. Vous pouvez pincer votre langue avec une compresse, la tirer légèrement vers l'extérieur et observer les côtés pour vérifier.
Si vous écoutez ce podcast, examinez votre langue. Regardez-la attentivement. Observez l'arrière de votre langue, mais surtout les côtés et le dessous. Nous procédons systématiquement à cet examen lors de la consultation d'un nouveau patient, car des changements subtils peuvent être perçus avant même d'être visibles. C'est comparable à la recherche de ganglions lymphatiques sous la mâchoire et à l'angle de la mâchoire, afin de déceler d'éventuelles grosseurs ou nodules. C'est l'une des raisons pour lesquelles nombre de ces changements précoces passent inaperçus.

Eon Engelbrecht (5:47)
D'accord, et qu'est-ce que le VELscope et comment aide-t-il les dentistes à visualiser ces changements invisibles ?

Dr Clifford Yudelman (5:56)
J'ai posé cette question principalement pour les personnes aux États-Unis et dans les autres pays où le VELscope est disponible. Il n'est pas aussi utilisé qu'il le devrait, et il est difficile de se le procurer en Afrique du Sud. Il s'agit d'un outil de dépistage qui utilise une longueur d'onde spécifique pour rendre fluorescents certains tissus, comme les gencives et les côtés de la langue.
On observe le tissu sain à travers un microscope spécial, et les tissus sains présentent une fluorescence particulière. C'est un peu comme une lumière UV ou une lumière de discothèque : leur fluorescence diffère de celle des tissus contenant des cellules anormales. Les zones suspectes apparaissent plus sombres ou irrégulières. Cet examen ne permet pas de diagnostiquer le cancer, mais il aide à repérer plus rapidement les anomalies dans la bouche d'un patient. Il améliore la détection des tissus anormaux lors d'un examen clinique. Il ne remplace pas un examen approfondi, mais le complète. Il accroît la vigilance et réduit le risque de passer à côté de changements précoces.

Eon Engelbrecht (7:03)
Docteur, pouvez-vous nous dire si le cancer de la bouche est réellement douloureux à ses débuts ?

Dr Clifford Yudelman (7:10)
Je suis contente que ce sujet soit abordé, car c'est exactement ce que je voulais dire. Ce n'est pas parce qu'on ne ressent pas de douleur qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. En fait, si vous avez un ulcère d'apparence inquiétante mais indolore, je vous conseille de consulter un dentiste sans tarder.
Il arrive fréquemment d'avoir des aphtes buccaux passagers. Ces aphtes douloureux ne sont généralement pas inquiétants ; ils guérissent en quelques jours ou une semaine. Certaines personnes en ont beaucoup, mais elles savent par expérience qu'ils finissent toujours par guérir.
Il s'agit d'un problème qui évolue et ne guérit pas spontanément. La douleur ne se manifeste généralement que lorsque les nerfs sont touchés. Ne vous fiez donc pas à la douleur ; consultez plutôt votre dentiste.

Eon Engelbrecht (8:00)
Je voudrais également aborder la question des risques. Comment l'alcool, combiné au tabac, multiplie-t-il concrètement les risques ?

Dr Clifford Yudelman (8:09)
Je suis ravi que vous ayez utilisé le mot « multiplier », car ils ont ce qu'on appelle un effet synergique. Ils agissent de concert. Ce sont malheureusement de très bons partenaires.
Les alcools forts, en particulier le whisky, le gin ou le brandy, irritent les tissus. Je n'apprécie pas non plus les bains de bouche contenant de l'alcool. Il arrive que des fumeurs utilisent un bain de bouche très alcoolisé, dont les effets sont similaires à ceux des spiritueux. Cela rend les tissus beaucoup plus perméables, facilitant ainsi la pénétration des molécules cancérigènes du tabac. Le risque s'en trouve donc multiplié au lieu de simplement s'y ajouter.
Des études menées depuis des années ont démontré que les personnes qui fument et boivent beaucoup, au lieu de se limiter à l'un ou à l'autre, présentent un risque considérablement plus élevé de cancer de la bouche que celles qui ne consomment qu'un seul de ces produits. Ma mère, aujourd'hui décédée, était une grande fumeuse et a succombé à une crise cardiaque. Elle ne buvait pas d'alcool, et mon père était dentiste. Elle n'a jamais eu de lésions ni de cancer de la bouche. Mon père, qui n'a jamais fumé ni bu d'alcool, a développé un cancer de la bouche, métastasé à partir d'un cancer qu'il avait au front et qui s'était propagé à ses ganglions lymphatiques. C'est une situation différente des cancers qui se développent principalement dans la bouche. Il a survécu à ce cancer, a vécu encore 15 ans, et a subi une intervention chirurgicale et une radiothérapie.
Réduire l'une ou l'autre de ces habitudes, voire les deux, diminue considérablement le risque global. Bien sûr, l'idéal est d'arrêter complètement de fumer, et même réduire sa consommation d'alcool — par exemple en passant d'un whisky fort à une bière légère — est mieux que rien.

Eon Engelbrecht (10:17)
Oui. Et docteur, quel est le taux de survie du cancer de la bouche s'il est détecté tôt par rapport à un cancer détecté tard ?

Dr Clifford Yudelman (10:26)
Si le cancer est détecté à un stade très précoce, le taux de survie à cinq ans peut dépasser 80 %. En revanche, s'il est diagnostiqué tardivement, une fois qu'il s'est propagé aux ganglions lymphatiques ou aux tissus environnants, ce taux peut chuter bien en dessous de 40 %. Le traitement devient alors beaucoup plus agressif : il s'agit d'interventions chirurgicales lourdes, parfois avec ablation de la moitié du visage, associées à la radiothérapie et souvent à la chimiothérapie. Le contraste est saisissant. Un dépistage précoce permet non seulement de sauver des vies, mais aussi de réduire les souffrances et l'intensité du traitement.

Eon Engelbrecht (11:01)
Encourageriez-vous les patients à pratiquer un auto-examen à domicile ? Et si oui, comment peuvent-ils procéder ?

Dr Clifford Yudelman (11:08)
Oui. Je pense que c'est l'un des points forts de ce podcast. Je souhaite vraiment sensibiliser les gros fumeurs, y compris les vapoteurs et les utilisateurs de sachets de tabac, qui consomment également beaucoup d'alcool, à la prudence. Vous me remercierez plus tard.
Assurez-vous de prendre le temps, une fois par mois et sous un bon éclairage, d'examiner vos lèvres, vos joues, vos gencives, votre langue, le plancher de votre bouche et votre gorge. L'éclairage le plus efficace se trouve parfois dans votre voiture : rétroviseur rabattu, le soleil éclaire directement votre bouche. Une lampe torche est difficile à utiliser car la lumière est trop forte. Une lampe de maquillage avec loupe et faisceau rond serait idéale.
Palpez ensuite votre peau à la recherche de grosseurs ou de nodules. Avec les mains propres, vous pouvez palper vos lèvres et vos joues, ainsi que la partie inférieure de votre gorge, où les ganglions lymphatiques gonflent en cas de mal de gorge. L'auto-examen n'est pas systématiquement recommandé et on n'apprend pas vraiment à le pratiquer, mais il est utile. Il ne remplace pas un examen médical.
Quand je vois un fumeur invétéré ou quelqu'un qui semble avoir une forte consommation d'alcool, il me dit souvent : « J'ai fait la fête tout le week-end. » Je suis toujours très attentive à ces patients. Mais j'ai aussi vu beaucoup de patients avec de petites verrues ou des papillomes causés par des virus transmissibles, et je les oriente vers une biopsie pour éviter qu'ils ne deviennent cancéreux. Soyez vigilants si vous êtes un fumeur et un consommateur d'alcool invétéré.

Eon Engelbrecht (13:01)
Avant votre départ, docteur, à quelle fréquence OptiSmile effectue-t-il un dépistage du cancer buccal lors des examens de contrôle ?

Dr Clifford Yudelman (13:09)
Moi-même, les autres dentistes et les hygiénistes d'OptiSmile sommes toujours vigilants. Nous examinons, palpons, tirons la langue et vérifions en profondeur. Il ne s'agit pas d'un examen ponctuel. Nous prenons des photos si nous souhaitons que le patient revienne les consulter quelques semaines plus tard, afin de vérifier l'évolution. En cas de suspicion, nous orientons systématiquement les patients vers un pathologiste buccal ou un parodontiste pour une biopsie. C'est ainsi que l'on prévient l'aggravation des problèmes et que l'on sauve des vies.

Eon Engelbrecht (13:44)
Absolument. Docteur Yudelman, merci encore infiniment d'avoir partagé ces précieuses informations sur le cancer de la bouche, les signes à surveiller et l'importance cruciale du dépistage précoce. Nous vous en sommes très reconnaissants.

Dr Clifford Yudelman (14:00)
Merci beaucoup, et j'ai hâte de vous parler la semaine prochaine.

Eon Engelbrecht (14:05)
Absolument. Le message principal de notre discussion d'aujourd'hui est simple : ne négligez aucun changement dans votre bouche et ne sous-estimez pas l'importance d'un contrôle dentaire régulier. Il peut s'agir de bien plus que de simples problèmes dentaires. Pour en savoir plus ou prendre rendez-vous, rendez-vous sur OptiSmile.co.za. C'est tout pour cette semaine dans notre rubrique « Économisez votre argent, préservez vos dents ». On se retrouve la semaine prochaine !

Annonceur (14:52)
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Avis de non-responsabilité : le contenu fourni dans ce podcast, « Économisez votre argent, économisez vos dents » les lundis médicaux, est uniquement destiné à des fins informatives et éducatives. Il n’est pas destiné à servir de conseil dentaire ou médical. Les idées et opinions exprimées par le Dr Clifford Yudelman et les invités visent à favoriser une meilleure compréhension de la santé dentaire, des mesures préventives et du bien-être général, mais ne doivent pas être interprétées comme des recommandations dentaires ou médicales professionnelles. Clifford Yudelman ne diagnostique, ne traite ni ne propose de stratégies de prévention pour des problèmes de santé directement via ce podcast. Cette plateforme ne remplace pas les soins et conseils personnalisés fournis par un professionnel dentaire ou de santé agréé. Nous encourageons fortement nos auditeurs à consulter leurs propres prestataires de soins dentaires pour répondre aux besoins et préoccupations individuels en matière de santé dentaire. Les informations partagées ici visent à donner aux auditeurs des connaissances sur la santé dentaire, mais ne doivent pas être utilisées comme base pour prendre des décisions liées à la santé sans conseils professionnels. Votre fournisseur de soins dentaires est la meilleure source de conseils sur votre santé dentaire et globale. Veuillez toujours demander conseil à votre dentiste ou à d’autres professionnels de la santé qualifiés pour toute question ou préoccupation concernant votre santé dentaire.

Table des Matières
Dr Clifford Yudelman, dentiste principal et fondateur d'OptiSmile

Dr Clifford Yudelman

Fondateur et dentiste principal

En tant qu'expert mondialement reconnu en dentisterie restauratrice et esthétique, Clifford apporte plus de 40 ans d'expérience sur quatre continents. Diplômé d'un baccalauréat en sciences dentaires de l'Université de Witwatersrand en 1983, sa carrière s'est étendue à des cabinets privés à Londres, San Diego, Perth et Cape Town. Actuellement fondateur et dentiste principal d'OptiSmile, il est reconnu pour avoir transformé les visites dentaires en expériences positives et favorisé la confiance des patients grâce à une santé dentaire supérieure, avec un engagement envers les dernières technologies dentaires pour de meilleurs résultats pour les patients.

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