Épisode 99 : Greffes gingivales – Solutions modernes pour la récession gingivale

Chapitres

Comprendre la récession gingivale

(0h04-1h05)

Une fois rétractée de sa position initiale au niveau de la marge de l'émail, la gencive ne se régénère pas naturellement. Lors de cette récession, la surface de la racine se retrouve exposée, une zone qui ne devrait jamais être visible dans la bouche.

La chirurgie parodontale moderne permet aux spécialistes de repositionner ou de greffer des tissus afin de rétablir la couverture et la santé des dents. Il s'agit d'une reconstruction chirurgicale et non d'une régénération biologique.

Les causes fréquentes incluent un brossage agressif avec des brosses à dents à poils durs, une gencive fine, des dents mal positionnées (notamment à cause d'aligneurs mal conçus), le bruxisme et l'inflammation. Une fois amorcée, la récession gingivale progresse lentement si la cause sous-jacente n'est pas traitée.

La greffe de tissu conjonctif

(4h11-6h25)

La greffe de tissu conjonctif est la méthode la plus étudiée pour traiter la récession gingivale. Un petit fragment de tissu conjonctif est prélevé sous la couche superficielle du palais et placé sur la surface radiculaire exposée.

Avec le temps, la greffe s'intègre aux tissus environnants et forme une nouvelle bande de gencive plus épaisse. On utilise des tissus prélevés au niveau du palais car ils présentent des caractéristiques biologiques similaires à celles des tissus gingivaux et leur intégration est prévisible.

Les études à long terme démontrent systématiquement des taux de réussite élevés pour la couverture radiculaire et la stabilité des tissus. Tous les cas de récession gingivale ne nécessitent pas de greffe ; nombre d’entre eux se résorbent spontanément et peuvent être suivis grâce à des examens 3D et des photographies.

Rétablissement et inconfort

(6h25-8h05)

Le prélèvement de tissu au niveau du palais peut provoquer une gêne temporaire, souvent décrite comme une sensation d'égratignure ou de brûlure. Grâce aux techniques modernes, à l'anesthésie et aux pansements protecteurs, cette gêne est généralement légère à modérée et disparaît rapidement.

Des études confirment que l'inconfort à court terme est largement compensé par le bénéfice à long terme de la stabilisation de la récession palatine et de la prévention de lésions supplémentaires. Dans certains cas, des techniques alternatives permettent d'éviter complètement le prélèvement de tissu au niveau du palais.

La technique chirurgicale du sténopé

(8h05-9h54)

La technique du trou d'épingle est une méthode mini-invasive qui consiste à pratiquer de petits points d'entrée dans la gencive. Un instrument spécial permet de décoller la gencive de l'intérieur, puis de repositionner le tissu et de le suturer plus haut.

Cette technique est efficace pour les récessions gingivales légères à modérées lorsque la qualité des tissus est favorable. Les patients ressentent très peu d'inconfort par rapport à une greffe traditionnelle.

Cependant, des données probantes à long terme plus solides soutiennent l'utilisation des greffes de tissu conjonctif. Une approche combinée existe désormais : un petit fragment de tissu conjonctif est inséré par un orifice précis afin de renforcer la gencive de l'intérieur – une option beaucoup moins invasive.

Pourquoi traiter une récession

(9h54-12h43)

Le traitement de la récession gingivale n'est pas uniquement esthétique. Les surfaces radiculaires exposées sont plus vulnérables aux caries radiculaires, à l'abrasion due au brossage et à la sensibilité dentaire, surtout avec l'âge.

Une consultation urgente est recommandée lorsque la récession gingivale affecte les incisives inférieures, surtout si le frein labial exerce une traction sur la dent. Dans les cas les plus graves, le patient risque de perdre la dent en raison de l'accumulation de plaque dentaire et de l'impossibilité d'un nettoyage correct.

La sensibilité et les abrasions mineures peuvent souvent être prises en charge par l'application de vernis, l'utilisation d'un dentifrice désensibilisant et en évitant les aliments acides. Les greffes de gencive doivent être réservées aux cas de récession gingivale progressive ou sévère.

Alternatives et techniques avancées

(12h50-14h14)

Des matériaux de tissus artificiels existent, mais leurs performances en matière de couverture radiculaire à long terme et d'épaisseur tissulaire restent limitées par rapport au tissu conjonctif, qui demeure la référence. Certains spécialistes utilisent désormais du plasma riche en plaquettes (PRP) ou de la fibrine riche en plaquettes (PRF) prélevés dans le sang du patient.

Ce matériau est centrifugé pour obtenir une substance malléable qui peut être suturée dans la zone à traiter. Il est parfois mélangé à de l'os lyophilisé ou artificiel pour régénérer à la fois la gencive et le tissu osseux.

Guérison et suivi

(14h14-15h23)

La cicatrisation prend généralement une à deux semaines. Pendant cette période, la greffe est fragile et ne doit pas être touchée. Les patients reçoivent des instructions précises concernant le brossage, le nettoyage et l'alimentation ; une alimentation molle est recommandée durant la première semaine.

Il convient d'éviter les aliments chauds, épicés et durs pendant 10 à 14 jours. L'intégration et le renforcement complets de la greffe peuvent prendre plusieurs mois.

Le respect scrupuleux des consignes post-opératoires est un facteur déterminant pour la réussite du traitement. Il est essentiel de choisir un parodontiste expérimenté dans ce type d'interventions.

Résultats esthétiques et sensibilité

(15h23-18h04)

Les greffes de tissu conjonctif s'intègrent généralement très bien aux tissus gingivaux existants au fil du temps. Au départ, la zone peut paraître gonflée, mais son aspect s'améliore considérablement au fur et à mesure de la cicatrisation.

Les greffes de gencive peuvent réduire la sensibilité La greffe permet de résoudre définitivement le problème en recouvrant la dentine radiculaire exposée et en protégeant le cément. Cependant, elle ne constitue pas le traitement de première intention pour la seule sensibilité radiculaire.

D'autres options incluent les vernis fluorés, les dentifrices désensibilisants, gouttières de blanchiment personnalisées et des modifications alimentaires (éviter les aliments acides comme le vinaigre de cidre, le citron et l'eau gazeuse). Les greffes ne doivent pas être prescrites de manière excessive, car l'intervention n'est pas sans désagréments et a un coût.

Le risque d'ignorer une grave récession

(18h04-21h07)

Les incisives inférieures sont particulièrement vulnérables en raison de la finesse de l'os alvéolaire, d'un brossage agressif et de mouvements orthodontiques mal planifiés. Négliger une récession gingivale importante dans ces zones peut entraîner un déchaussement des dents, voire leur perte.

Une intervention précoce est plus simple et plus prévisible que d'attendre une crise. Dans certains cas, repositionnement orthodontique peut contribuer à la régénération des tissus gingivaux en réinsérant la dent dans l'os.

Sans traitement rapide, les patients peuvent nécessiter des interventions de restauration complexes, des attelles ou même des extractions dentaires. pose d'implantsLa surveillance par photographies et scans 3D est essentielle pour prévenir la progression de la maladie.

Eon Engelbrecht – E-Radio-SA : (0:04) Bienvenue dans « Économisez votre argent, préservez vos dents ». Aujourd’hui, nous abordons un sujet souvent source d’inquiétude : la récession gingivale. Nous recevons le Dr Clifford Yudelman d’OptiSmile pour discuter des causes de ce problème, de son importance pour votre santé dentaire à long terme et, surtout, des solutions modernes pour y remédier, notamment les techniques de greffe gingivale les plus efficaces. Dr Yudelman, bienvenue à nouveau.

Dr Clifford Yudelman – OptiSmile : (0:31) Merci, Eon. Merci de m’avoir réinvité. Ravi de vous parler.

Eon Engelbrecht – E-Radio-SA : (0:37) Après la canicule de la semaine dernière, les températures commencent à baisser un peu. Avec l’hiver qui approche, la récession et la sensibilité économique, j’ai pensé que ce serait un sujet intéressant. Nous voici donc au podcast n° 99. La semaine prochaine sera la grande semaine, un cap important.

Dr Clifford Yudelman – OptiSmile : (0:52) Ouais, incroyable. 100 podcasts et encore une quarantaine ou une cinquantaine d’idées. On n’a pas fini.

Eon Engelbrecht – E-Radio-SA : (1:05) Génial ! Bon. Docteur Yudelman, on sait qu’un brossage trop vigoureux provoque une récession gingivale. Est-il possible que la gencive repousse ?

Dr Clifford Yudelman – OptiSmile : (1:05) Le tissu gingival ne repousse pas spontanément une fois rétracté. C’est un point essentiel à comprendre. La récession gingivale signifie que la gencive s’est éloignée de sa position initiale, normalement située à la jonction de l’émail et de la racine. Une gencive rétractée expose la surface de la racine, une zone naturellement exposée dans la bouche. Si le corps ne régénère pas naturellement le tissu gingival, la chirurgie parodontale moderne – une sorte de chirurgie esthétique des gencives – permet, grâce à notre collaboration avec différents parodontistes, au parodontiste, le spécialiste des gencives, de repositionner ou de greffer le tissu gingival afin de restaurer la couverture et la santé des gencives.

Donc, il ne s'agit pas d'une régénération biologique des gencives. Je ne sais pas pour vous, mais je vois beaucoup de choses sur Instagram et autres réseaux sociaux qui parlent de la Chine, des cellules souches et de la façon dont les dents et les gencives repoussent, simplement en appliquant un peu de pâte. Or, il s'agit ici de reconstruire les tissus perdus par chirurgie. La récession gingivale est le plus souvent causée par un brossage trop agressif avec une brosse à dents à poils durs, ou par un biotype gingival fin (des gencives fines, contrairement aux personnes ayant des gencives épaisses), ou encore par une position des dents hors de l'os, notamment après un traitement orthodontique. On constate donc que les patients utilisent aujourd'hui toutes sortes de contrefaçons d'aligneurs qui ne sont ni Invisalign ni d'autres marques reconnues.

Le plan de traitement ne s'est pas déroulé comme prévu : la dent s'est déplacée trop vers la joue et s'est désinsérée de l'os. La gencive va alors se rétracter, car il n'y a plus d'os, et l'os est indispensable à la gencive. Le bruxisme (grincement des dents) est un autre facteur. Lorsque vous serrez ou grincez des dents, celles-ci vibrent et cela peut provoquer une abfraction. Nous en avons déjà parlé. Il s'agit de ce petit sillon au niveau de la gencive. Lorsque ce sillon se forme à cause de la flexion de la dent, la gencive se rétracte. Elle ne peut plus s'y accrocher correctement. Enfin, il y a l'inflammation. Si vous souffrez d'une inflammation des gencives (gingivite), même traitée, la gencive peut se rétracter. Mais une fois la récession amorcée, elle progresse lentement si la cause sous-jacente n'est pas traitée. Or, il est prouvé qu'un traitement précoce de la récession, surtout en cas de sensibilité ou de progression, permet d'obtenir de meilleurs résultats que d'attendre que les racines soient gravement exposées. Et même si les gencives ne guérissent pas d'elles-mêmes, elles peuvent être restaurées de façon prévisible lorsque le traitement est correctement planifié.

Eon Engelbrecht – E-Radio-SA : (4:11) Très bien. Qu’est-ce qu’une greffe de tissu conjonctif ? Et je voudrais aussi vous demander d’où provient ce tissu ?

Dr Clifford Yudelman – OptiSmile : (4:11) La greffe de tissu conjonctif est la méthode la plus couramment utilisée et la plus étudiée pour traiter la récession gingivale. Cette intervention consiste à prélever un petit fragment de tissu conjonctif sous la couche superficielle du palais ou du toit de la bouche. Ce tissu est ensuite placé sur la surface radiculaire exposée et fixé. Avec le temps, la greffe s’intègre aux tissus environnants et forme une nouvelle bande de gencive plus épaisse au-dessus de la dent.

L'utilisation de tissu palatin s'explique par ses caractéristiques biologiques similaires à celles du tissu gingival péri-dentaire et par son intégration très prévisible. Des études à long terme démontrent systématiquement des taux de réussite élevés pour ce type de recouvrement radiculaire et une bonne stabilité tissulaire. D'un point de vue biologique, cette technique améliore non seulement l'esthétique, mais elle augmente également l'épaisseur du tissu, contribuant ainsi à prévenir les récessions gingivales.

Je dois dire qu'à ce stade, je constate assez fréquemment des récessions gingivales. Dans la plupart des cas, les dégâts sont déjà faits et le phénomène se résorbe spontanément ; il ne va pas s'aggraver indéfiniment. Nous le surveillons donc à l'aide de scans 3D et de photos. Nous n'orientons pas systématiquement les patients vers une greffe de gencive dès qu'une légère récession est observée. Il s'agit de cas particuliers, lorsqu'une légère récession affecte plusieurs dents, puis soudainement, une dent, par exemple une incisive inférieure, présente une récession très importante, accompagnée d'inflammation, et qui risque de s'aggraver. Il ne s'agit pas ici de la récession gingivale liée à l'âge ou des autres problèmes que je viens d'évoquer.

Eon Engelbrecht – E-Radio-SA : (6:25) C’est peut-être une légende urbaine, mais je voulais juste m’en assurer : est-il vrai qu’on prélève un mouchoir en papier sur le palais ? Et si c’est vrai, est-ce que ça fait vraiment mal ?

Dr Clifford Yudelman – OptiSmile : (6:25) Oui, oui, ça fait vraiment mal. J’allais dire : oui, on prélève un morceau de tissu au niveau du palais. Mais oui, ça fait mal, c’est pourquoi je ne recommande pas cette intervention… pardonnez-moi, je ne voulais pas rire. Si quelqu’un a déjà subi cette intervention, il vous le confirmera. Ça fait vraiment mal. La zone de prélèvement peut paraître impressionnante, mais grâce aux techniques modernes et à l’anesthésie, la gêne est généralement supportable et temporaire. Un bon parodontiste vous préviendra et vous conseillera de prendre les analgésiques prescrits. On dit que la sensation est comparable à une éraflure ou une brûlure.

Mais certains patients m'ont dit que le palais pouvait être très douloureux, plus encore que la zone de fixation du greffon. Heureusement, les techniques chirurgicales et les pansements protecteurs ont progressé ces cinq à dix dernières années. Les études montrent que la gêne est généralement légère à modérée et disparaît rapidement. Surtout, les bénéfices de la stabilisation de la récession palatine et de la prévention des dommages à long terme compensent largement la gêne passagère. Il existe également des techniques alternatives pour certains cas, permettant d'éviter une seconde intervention, que nous aborderons plus loin.

Eon Engelbrecht – E-Radio-SA : (8:05) Et la technique du trou d'épingle, qu'est-ce que c'est que cette technique et est-elle meilleure que la greffe traditionnelle ?

Dr Clifford Yudelman – OptiSmile : (8:05) La technique chirurgicale Pinhole, je crois qu'elle a été baptisée ainsi par un dentiste américain. Son nom n'était peut-être pas Pinhole, mais c'est assez proche. C'est peut-être son nom de famille. Oui, Dr Chao, la technique chirurgicale Pinhole est une méthode mini-invasive qui consiste à pratiquer de petites incisions dans la gencive, puis à la décoller de chaque côté, un peu comme une petite chirurgie mini-invasive. Un instrument spécial est ensuite utilisé pour décoller la gencive de l'intérieur vers l'extérieur. On repositionne ensuite la gencive sans la couper ni la décoller. Elle est décollée par ces petits trous, puis suturée plus haut.

Cette technique fonctionne bien en cas de récession gingivale légère à modérée et lorsque la qualité des tissus est favorable. Il s'agit généralement d'un biotype épais, et les patients ressentent alors très peu, voire aucune gêne. Cependant, ce n'est pas toujours possible. De plus, l'efficacité à long terme des tissus conjonctifs est bien mieux établie. Cela ne signifie pas que la technique du trou d'épingle est inefficace, mais il existe désormais une méthode combinée. Je ne suis pas expert ; j'oriente mes patients vers le parodontiste qui effectue le traitement. Il s'agit d'une technique qui consiste à créer un trou d'épingle dans lequel on insère un petit morceau de tissu conjonctif – un peu comme pour rembourrer un oreiller – afin de renforcer la gencive de l'intérieur. Je pense que cette méthode est beaucoup moins invasive.

Eon Engelbrecht – E-Radio-SA : (9:54) D'accord, je comprends. Et pourquoi dites-vous, docteur, qu'il est important de traiter la récession gingivale ? Je veux dire, est-ce uniquement une question d'esthétique ou est-ce aussi une question de santé dentaire, voire les deux ?

Dr Clifford Yudelman – OptiSmile : (9:54) Oui, écoutez, ce n’est pas toujours qu’un problème esthétique. Les racines exposées sont plus vulnérables aux caries, surtout avec l’âge. Il existe des caries radiculaires qui rendent les dents plus sensibles à l’abrasion, notamment au brossage, et à la sensibilité dentaire. Mais chaque problème peut être traité. Ce n’est pas mon domaine. Je ne pratique pas la chirurgie. J’oriente mes patients vers un parodontiste et ce n’est pas gratuit comme tout le reste. Cela coûte cher et il faut une bonne raison pour y avoir recours.

Certaines des choses que je viens d'évoquer ne sont probablement pas les meilleures raisons. La principale, comme je vous l'ai dit et comme je le mentionne toujours, concerne notamment les cas où une personne présente un frein gingival, ce petit repli de peau qui relie la lèvre, en particulier entre les incisives inférieures ou supérieures. Lorsque ce frein exerce une traction, surtout sur une incisive inférieure, et que le patient a suivi un traitement orthodontique, on peut constater, par exemple en faisant une recherche sur Internet avec les mots-clés « récession gingivale, incisive inférieure », que parfois la moitié de la racine est exposée. Dans ce cas, le patient risque de perdre la dent, car il est difficile de se brosser les dents à cet endroit. La plaque dentaire s'y accumule beaucoup. C'est pourquoi je recommande systématiquement une greffe de gencive en urgence.

Et, vous savez, à ce propos, je tiens à préciser que mon défunt père a enseigné la chirurgie gingivale à Pretoria pendant 27 ans. Il a exercé pendant 57 ans. En 1968, avec un autre parodontiste renommé du Cap, il a parcouru l'Europe et les États-Unis pendant environ six mois pour se perfectionner dans ce type d'interventions. À l'époque, on prélevait non seulement du tissu conjonctif, mais aussi un petit morceau de palais que l'on suturait. Aujourd'hui encore, nous voyons des patients qui ont subi ce type de greffe, appelée greffe gingivale libre. Je crois que le parodontiste Bernie Radomski est décédé récemment ici, au Cap. Il avait plus de 90 ans et était un ami proche de mon père, décédé à 95 ans. Ils ont réalisé les premières greffes gingivales hors d'Amérique et d'Europe, je crois, en Afrique du Sud. Et beaucoup de dentistes qui m'écoutent savent exactement de quoi je parle. Et oui, un petit coucou à eux.

Eon Engelbrecht – E-Radio-SA : (12:43) C'est très intéressant. J'ai dû crier très fort car ils sont partis. Un grand merci à eux ! J'espère qu'ils pourront diffuser en direct. Je suis à l'écoute. Docteur Yudelman, peut-on utiliser du tissu artificiel au lieu de sectionner le palais ?

Dr Clifford Yudelman – OptiSmile : (12:50) Dans certains cas, et il existe des alternatives expérimentales, l’avantage est évidemment l’absence de site donneur. Cependant, je pense qu’il y a des limites concernant la couverture radiculaire à long terme et l’épaisseur des tissus. Et, vous savez, le tissu conjonctif reste la référence. Il existe aussi des techniques où, pour certaines interventions, un spécialiste réalisant une greffe, par exemple une greffe osseuse ou gingivale, utilise ce qu’on appelle le PRP (plasma riche en plaquettes), le PRF (plasma riche en plaquettes) ou la fibrine. On prélève du sang, comme pour un don, quelques tubes, puis on le centrifuge lentement pendant 15 minutes dans une centrifugeuse spéciale. Il se forme alors un caillot de sang jaunâtre, presque malléable, qui peut être suturé ou pointé dans la zone à traiter. Parfois, on y mélange de l'os reconstitué, c'est-à-dire de l'os lyophilisé ou de l'os artificiel, comme des morceaux de calcium ressemblant à de l'os, pour favoriser la repousse non seulement de la gencive, mais aussi de l'os. En fin de compte, tout dépend du spécialiste et du traitement le plus récent et le plus adapté à chaque cas et à chaque patient.

Eon Engelbrecht – E-Radio-SA : (14:14) Parlons maintenant des soins post-opératoires. Combien de temps dure la convalescence ? Que peut-on manger ensuite et que ne faut-il pas manger ?

Dr Clifford Yudelman – OptiSmile : (14:14) Bien sûr, le chirurgien vous donnera des instructions précises. Je tiens à préciser que tous les parodontistes ne pratiquent pas fréquemment ce type de greffes et que certains obtiennent de meilleurs résultats que d’autres. Il est donc essentiel de vérifier que le parodontiste auquel vous êtes orienté est un spécialiste reconnu pour son expertise et ses excellents résultats. En effet, il serait inutile de subir une greffe si elle ne fonctionnait pas correctement ou si vous deviez tout recommencer quelques années plus tard. Concernant la cicatrisation, elle dure environ une à deux semaines. Pendant cette période, la greffe est très fragile et il ne faut surtout pas la toucher. Des conseils spécifiques sont donnés aux patients concernant le brossage des dents, le nettoyage de la zone et le choix des aliments mous. Un pansement peut être appliqué. Après la première semaine, il est impératif d’éviter les aliments chauds, épicés et durs. Au bout de 10 à 14 jours environ, vous pourrez reprendre une alimentation normale. Il faut parfois plusieurs mois pour que la greffe se consolide et s'intègre aux tissus environnants. Enfin, il est primordial de suivre scrupuleusement les instructions qui vous sont données pour obtenir un résultat positif.

Eon Engelbrecht – E-Radio-SA : (15:23) Docteur, pour des raisons esthétiques, la greffe correspondra-t-elle à la couleur de vos gencives existantes ?

Dr Clifford Yudelman – OptiSmile : (15:23) Les greffes palatines et gingivales libres, dont j’ai déjà parlé, ont souvent du mal à s’harmoniser, contrairement aux greffes de tissu conjonctif qui s’intègrent généralement très bien avec le temps. Au départ, la zone peut paraître un peu gonflée, mais au fur et à mesure de la cicatrisation, le résultat s’améliore. Je ne suis pas certain de l’efficacité des matériaux artificiels. Je ne sais même pas si on les utilise déjà en Afrique du Sud. Mais oui, comme je l’ai dit, un chirurgien expérimenté devrait pouvoir vous montrer des photos avant/après de cas récents.

Eon Engelbrecht – E-Radio-SA : (16:04) Les greffes de gencives peuvent-elles réduire la sensibilité de façon permanente ?

Dr Clifford Yudelman – OptiSmile : (16:04) Oui, dans de nombreux cas, la sensibilité est due à la dentine radiculaire exposée et aux tubules dentinaires ouverts. En recouvrant une bonne partie de la racine, on réduit l’exposition et on protège le cément sensible. Il existe d’autres moyens de réduire la sensibilité, mais ce n’est pas la méthode principale. Nous avons des vernis et autres produits à appliquer sur les dents, ou encore des gouttières de blanchiment dentaire qui peuvent être utilisées pour désensibiliser. Nous avons d’ailleurs consacré plusieurs podcasts à ce sujet. Il est essentiel d’éviter le vinaigre de cidre, le citron et les aliments très acides, ainsi que l’eau gazeuse, car ils maintiennent la sensibilité de la dentine. Utiliser un dentifrice fluoré ou désensibilisant, associé à une brosse à dents à poils doux, est plus efficace pour traiter la sensibilité que de se fier uniquement au dentifrice désensibilisant. Mais concernant la greffe de gencive, on entend souvent dire qu'elle permet de réduire la sensibilité. Or, comme je l'ai dit, il ne faut pas survendre ni surprescrire les greffes de gencive, car ce n'est pas une mince affaire. Et je pense que nous avons suffisamment abordé ce point ici.

Eon Engelbrecht – E-Radio-SA : (18:04) Et pour finir, un petit scénario. Que se passe-t-il si l’on ignore une récession gingivale importante sur une incisive inférieure ?

Dr Clifford Yudelman – OptiSmile : (18:04) Merci de demander des précisions. Comme je l’ai mentionné, c’est l’une des principales situations où j’oriente mes patients vers la chirurgie plastique parodontale. Le terme « parodontal » signifie « autour de la dent » et « dentaire » signifie « dents ». Un parodontiste est un spécialiste qui travaille autour de la dent, c’est-à-dire la gencive et l’os. Il s’agit donc d’une forme de chirurgie plastique. Les incisives inférieures sont particulièrement vulnérables. Comme je l’ai dit, l’os y est fin. Il arrive que l’on se brosse les dents trop fort à cet endroit. On peut aussi avoir porté des aligneurs mal adaptés ou même des bagues dont la racine a été trop avancée ou mal positionnée. De plus, il n’y a pas d’os visible à l’extérieur. Il m’arrive même de traiter des patients avec Invisalign, où nous repositionnons la dent, la réorientons et la réinsérons dans l’os. Sans aucune intervention chirurgicale, la gencive du patient repousse car nous aidons l’organisme à régénérer l’os.

Nous prenons donc des photos et enregistrons ce cas. C'est un cas intéressant. La patiente avait déjà consulté un parodontiste et elle le consulte tous les trois mois. Elle aura peut-être besoin d'une petite greffe par la suite, mais son état s'est déjà amélioré de près de 50 %. Il est important d'éviter une perte osseuse et d'attachement trop importante, car cela peut entraîner le déchaussement d'une dent, voire sa perte. On peut perdre une incisive inférieure de cette manière. D'un point de vue financier et biologique, ignorer la récession gingivale conduit souvent à des traitements beaucoup plus complexes, voire à des restaurations, à la pose d'attelles ou même à l'extraction d'une dent et à la pose d'un implant. Une intervention précoce est donc presque toujours plus simple et plus prévisible que d'attendre une crise, surtout pour les incisives inférieures. Quand je vois un patient présentant une récession assez sévère et qu'il me dit : « Ah oui, mon dentiste à Johannesburg surveillait ça », je lui propose de prendre des photos pour voir ce qu'il a observé. Et puis, il n'y a peut-être pas de photos, ou alors ils disent : « Oh, tout allait bien. Et puis, ces six derniers mois, ça s'est vraiment dégradé. » Vous savez, c'est ce qu'il faut éviter.

Eon Engelbrecht – E-Radio-SA : (20:37) C’était extrêmement instructif, Dr Yudelman. Merci beaucoup de nous avoir expliqué les causes de la récession gingivale et comment la chirurgie parodontale moderne peut véritablement stabiliser les tissus, réduire la sensibilité et protéger les dents pour les années à venir.

Dr Clifford Yudelman – OptiSmile : (20:58) Merci. Et merci encore pour vos excellentes questions. J’ai hâte d’écouter le 100e podcast la semaine prochaine.

Eon Engelbrecht – E-Radio-SA : (21:07) La semaine prochaine, nous parlerons d'une solution écologique pour remplacer les dents manquantes : le bridge Maryland. Passez une excellente semaine et à la semaine prochaine !

(21:40) Découvrez l'excellence dentaire avec OptiSmile. Rejoignez-nous pour un podcast hebdomadaire avec le Dr Clifford Yudelman, expert chevronné fort de 40 ans d'expérience sur quatre continents. Bénéficiez de conseils dentaires uniques et d'informations précieuses en consultant OptiSmile.co.za : des articles vous guideront vers une santé bucco-dentaire optimale. Pour des soins dentaires exceptionnels au Cap, contactez OptiSmile ou prenez rendez-vous directement en ligne sur OptiSmile.co.za. OptiSmile : l'expertise internationale au service de votre santé bucco-dentaire.

 

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Table des Matières
Dr Clifford Yudelman, dentiste principal et fondateur d'OptiSmile

Dr Clifford Yudelman

Fondateur et dentiste principal

En tant qu'expert mondialement reconnu en dentisterie restauratrice et esthétique, Clifford apporte plus de 40 ans d'expérience sur quatre continents. Diplômé d'un baccalauréat en sciences dentaires de l'Université de Witwatersrand en 1983, sa carrière s'est étendue à des cabinets privés à Londres, San Diego, Perth et Cape Town. Actuellement fondateur et dentiste principal d'OptiSmile, il est reconnu pour avoir transformé les visites dentaires en expériences positives et favorisé la confiance des patients grâce à une santé dentaire supérieure, avec un engagement envers les dernières technologies dentaires pour de meilleurs résultats pour les patients.

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