Chapitres
Qu'est-ce que la dentisterie biologique?
[00:00:05 – 00:02:13]
La dentisterie biologique n'est pas une spécialité dentaire officiellement reconnue ; il s'agit d'une philosophie et d'une discipline non réglementée. Dans le meilleur des cas, elle témoigne d'un intérêt sincère pour l'impact des traitements dentaires sur l'organisme dans son ensemble. Dans le pire des cas, elle avance des affirmations non étayées par des preuves scientifiques.
Dentisterie fondée sur des preuvesÀ l'inverse, la dentisterie fondée sur les preuves allie recherche de haute qualité, expertise clinique et respect des valeurs du patient. Elle constitue la norme enseignée dans les universités et approuvée par les organisations dentaires du monde entier. La principale différence réside dans le fait que la dentisterie fondée sur les preuves s'appuie sur la recherche, tandis que la dentisterie biologique part parfois d'une conviction et cherche à la justifier par des arguments.
Le débat sur le fluorure
[00:02:14 – 00:03:31]
Le fluor est l'une des substances les plus étudiées en santé publique, des décennies de recherche ayant confirmé son efficacité pour réduire significativement les caries dentaires lorsqu'il est utilisé à doses appropriées. Une grande partie de la controverse provient d'une confusion entre dose et toxicité : presque toute substance, y compris l'eau, peut être nocive à des concentrations extrêmes.
Les concentrations de fluor utilisées dans les dentifrices et l'eau fluorée sont largement inférieures aux seuils de toxicité. Des revues systématiques menées par des organismes reconnus concluent systématiquement que le fluor est sûr et efficace aux doses recommandées. Les allégations liant le fluor à des maladies systémiques généralisées ne sont étayées par aucune preuve solide.
Dépose de plombages en argent et d'amalgames
[00:03:32 – 00:05:53]
L'amalgame dentaire contient du mercure sous une forme stable et liée. Des études à grande échelle n'ont pas mis en évidence de lien généralisé entre les obturations en amalgame et les maladies systémiques au sein de la population. Il est important de noter qu'un retrait inutile peut augmenter temporairement l'exposition au mercure et endommager la dent elle-même.
Il existe des raisons légitimes de retirer un amalgame dentaire — comme une fracture, une carie ou une dent fêlée — et ces cas doivent être traités selon les protocoles appropriés. Cependant, l'affirmation selon laquelle le retrait d'un amalgame dentaire de routine est erronée est fausse. retrait d'amalgame L'idée que le retrait des amalgames dentaires détoxifie l'organisme n'est pas scientifiquement prouvée. De même, promettre aux patients que ce retrait résoudra des problèmes sans lien avec leurs amalgames, comme les douleurs articulaires ou l'arthrite, est une pratique dénuée de tout fondement.
Les traitements de canal sont-ils toxiques ?
[00:05:53 – 00:07:28]
Les documentaires alarmistes affirmant que les traitements de canal sont toxiques et provoquent des maladies systémiques ont été complètement discrédités. Cette théorie, issue d'études mal conçues menées il y a plus d'un siècle, a été maintes fois réfutée par la recherche moderne.
Traitement canalaire dentaire Le traitement de canal est l'une des interventions les plus étudiées en dentisterie. Correctement réalisé, il élimine l'infection, soulage la douleur et préserve la dent naturelle. Les progrès en microbiologie, en imagerie et en matériaux ont considérablement amélioré les résultats, et des organisations dentaires et médicales de renom à travers le monde reconnaissent l'innocuité et l'efficacité de ce traitement.
Que signifie réellement le terme « biocompatible » ?
[00:07:28 – 00:09:43]
La biocompatibilité signifie qu'un matériau remplit sa fonction prévue sans endommager les tissus environnants. Tous les matériaux dentaires modernes font l'objet de tests de biocompatibilité approfondis avant leur approbation. Aucun matériau n'est totalement inerte, mais l'objectif est d'obtenir des performances prévisibles, une durabilité optimale et une réaction indésirable minimale.
Ce terme est parfois employé à tort en marketing pour suggérer une supériorité sans fondement. En dentisterie fondée sur les preuves, le choix des matériaux repose sur l'indication clinique, la durabilité et l'efficacité prouvée, et non sur des étiquettes ou une idéologie. Les patients qui fréquentent des cabinets dentaires faisant la promotion intensive de matériaux exclusifs et spécialement testés devraient aborder ces affirmations avec un sain scepticisme.
Concilier santé holistique et preuves scientifiques
[00:09:44 – 00:11:21]
La santé bucco-dentaire et la santé globale sont véritablement interconnectées. Maladie des gencivesPar exemple, de nombreuses études établissent un lien entre la consommation de drogues et le diabète ainsi que les maladies cardiovasculaires. Les dentistes peuvent et doivent informer leurs patients de ces liens et les orienter vers les professionnels de santé compétents le cas échéant.
Toutefois, reconnaître ces liens ne revient pas à s'aventurer hors du champ de la dentisterie en matière de diagnostic ou de traitement. Les dentistes sont spécialisés dans la cavité buccale et leur rôle consiste à favoriser la santé globale en collaborant avec les autres professionnels de santé. Une approche intégrative et conservatrice, fondée sur des données scientifiques et adaptée à chaque patient, est la norme recommandée.
L'ozonothérapie est-elle efficace en dentisterie ?
[00:11:21 – 00:13:14]
L'ozone possède de véritables propriétés antimicrobiennes et a été étudié comme traitement adjuvant en dentisterie. Certaines données suggèrent qu'il peut réduire la charge bactérienne dans certaines situations. Cependant, les revues systématiques actuelles ne recommandent pas l'utilisation de l'ozone en remplacement des traitements conventionnels, tels que l'élimination d'une carie et la pose d'un plombage.
Les affirmations selon lesquelles l'ozone peut soigner une carie sans intervention chirurgicale ni restauration ne sont pas étayées par la recherche scientifique conventionnelle. Son utilisation peut s'avérer utile en complément d'un autre traitement lorsqu'aucune autre option n'est disponible, mais il ne constitue pas un traitement courant. Par conséquent, les pratiques qui facturent des prix élevés pour l'utilisation de l'ozone comme traitement unique doivent être considérées avec prudence.
Les patients doivent-ils se méfier des allégations concernant l'absence de métal ?
[00:13:14 – 00:16:01]
La dentisterie moderne s'est largement éloignée des restaurations métalliques, non pas pour des raisons idéologiques, mais grâce à l'existence de matériaux plus performants. Des options comme le disilicate de lithium et la zircone offrent une excellente résistance, une esthétique soignée et une bonne biocompatibilité. L'absence de métal ne rend pas automatiquement une restauration plus sûre ou plus saine : chaque matériau présente ses avantages et ses limites.
Le titane, par exemple, est le matériau implantaire le plus étudié et largement utilisé en chirurgie orthopédique. Les pratiques qui déconseillent les implants en titane, condamnent les dents dévitalisées et préconisent le retrait systématique des amalgames dentaires – souvent remplacés par des alternatives onéreuses – ne reposent pas sur des données probantes. Le choix du matériau doit être guidé par sa fonction, sa durabilité et son innocuité avérée, et non par une peur alimentée par des documentaires.
La dentisterie peut-elle être à la fois de haute technologie et holistique ?
[00:16:02 – 00:17:45]
La dentisterie moderne Les examens complets peuvent parfaitement être à la fois technologiquement avancés et centrés sur le patient. Les analyses approfondies intégrant l'imagerie numérique, l'analyse radiologique assistée par l'IA, l'analyse salivaire, l'évaluation diététique, le dépistage des troubles du sommeil et le profilage des risques personnalisé témoignent d'une approche véritablement holistique, fondée sur des données scientifiques.
La différence entre cette approche et l'idéologie de la dentisterie biologique réside dans le fait que chaque recommandation doit être étayée par des preuves. Un dentiste qui prétend que seule son approche est valable, ou que tous les traitements conventionnels sont nocifs, ne pratique pas une approche holistique ; il promeut une idéologie. Une bonne dentisterie intégrative prend en compte le patient dans sa globalité tout en restant fidèle aux données probantes.
Questions à se poser pour éviter les traitements non éprouvés
[00:19:06 – 00:21:18]
Les patients peuvent se protéger en demandant quelles preuves scientifiques étayent tout traitement recommandé et si ces preuves proviennent de recherches évaluées par des pairs. Des outils d'intelligence artificielle tels que ChatGPT, Gemini ou Claude peuvent aider à synthétiser les recherches publiées lorsque les questions sont correctement formulées. Il est fortement conseillé de solliciter un deuxième avis avant d'accepter l'extraction de dents ayant subi un traitement de canal, l'extraction de restaurations fonctionnelles ou tout traitement important justifié principalement par des allégations de toxicité ou de maladie systémique.
Si les principales organisations dentaires internationales recommandent un traitement et qu'un seul praticien de la ville s'y oppose, cela justifie un examen approfondi. La transparence, la volonté d'expliquer et la capacité à reconnaître l'incertitude sont autant de signes d'une pratique éthique et fondée sur des preuves.
Transcription
[Eon Engelbrecht – E-Radio-SA] (0h05 – 0h35)
Bienvenue dans « Économisez votre argent, préservez vos dents », le podcast qui vous aide à y voir plus clair et à prendre des décisions éclairées en matière de soins dentaires. Aujourd'hui, le Dr Clifford Yudelman d'OptiSmile est de nouveau avec nous pour aborder un sujet parfois surprenant et controversé : la dentisterie biologique face à la dentisterie fondée sur les preuves. Qu'est-ce qui est réellement utile ? Qu'est-ce qui relève du marketing ? Et comment les patients peuvent-ils faire la différence ?
Dr Yudelman, bon retour.
[Dr Clifford Yudelman – OptiSmile] (0:35 – 0:41)
Merci, merci de m'avoir réinvité, et j'ai vraiment hâte de me faire quelques ennemis aujourd'hui.
[Eon Engelbrecht – E-Radio-SA] (0h41 – 0h55)
Oh, et j'ai hâte de voir ça ! Bon, alors commençons par la différence entre un dentiste holistique et un dentiste traditionnel. Quelle est cette différence ?
[Dr Clifford Yudelman – OptiSmile] (0:56 – 2:13)
Le terme « dentisterie biologique » ne désigne pas une spécialité officiellement reconnue. Il s'agit d'une philosophie, et non d'une discipline réglementée. Dans sa forme la plus aboutie, elle reflète un intérêt pour l'impact des traitements dentaires sur l'organisme dans son ensemble.
Mais dans sa forme la plus extrême, elle peut dériver vers des affirmations non étayées par des preuves. C'est pourquoi la dentisterie fondée sur les preuves, en revanche, est définie très clairement. Elle combine les meilleures recherches scientifiques disponibles, l'expertise du clinicien et les valeurs du patient.
Cette approche est approuvée par les organisations dentaires internationales et enseignée dans les universités du monde entier. La distinction est la suivante : la dentisterie fondée sur les preuves s’interroge : qu’est-ce qui, selon des recherches de haute qualité, est sûr et efficace ? La dentisterie biologique, quant à elle, part parfois d’une conviction et recherche ensuite des arguments pour la soutenir.
Vous savez, je ne veux pas me répéter, mais il est essentiel de bien comprendre la différence entre les deux. Chez OptiSmile, notre principe directeur est toujours de privilégier les preuves scientifiques, et la santé globale est une priorité absolue. Cependant, les affirmations doivent reposer sur des bases scientifiques et non idéologiques.
[Eon Engelbrecht – E-Radio-SA] (2h14 – 2h22)
Docteur, pourquoi selon vous y a-t-il autant de controverses autour du fluorure au sein de la communauté biologique ?
[Dr Clifford Yudelman – OptiSmile] (2:23 – 3:31)
Je savais que vous alliez tout de suite aborder le sujet du fluor. Le fluor est l'une des substances les plus étudiées en santé publique. Nous avons enregistré plusieurs podcasts à ce sujet, et des décennies de recherches de grande qualité démontrent que le fluor, à doses appropriées, réduit significativement les caries dentaires.
La controverse provient en grande partie d'une confusion entre dose et toxicité. Presque toute substance, y compris l'eau, peut être nocive à des concentrations extrêmes. Or, les concentrations de fluor utilisées dans l'eau, le dentifrice et la fluoration de l'eau sont largement inférieures aux seuils de toxicité.
Des revues systématiques menées par des organismes reconnus concluent de façon constante que le fluor est sûr et efficace lorsqu'il est utilisé conformément aux recommandations. Les allégations liant le fluor à des maladies systémiques généralisées ne reposent sur aucune preuve solide. Une approche scientifique prend en compte à la fois les avantages et les risques. Elle évalue les données probantes et évite tout discours alarmiste.
[Eon Engelbrecht – E-Radio-SA] (3h32 – 4h00)
Bon, ma dentiste m'a raconté qu'une patiente lui avait interdit de toucher à son amalgame dentaire, sous aucun prétexte. Avait-elle seulement le droit d'y toucher ou de l'enlever ? Elle s'est mise à lui crier dessus.
Ceci m'amène à la question suivante : que sait-on des amalgames dentaires et de la sécurité de leur retrait ? Quelle est la position scientifique concernant l'amalgame ou l'argent ?
[Dr Clifford Yudelman – OptiSmile] (4:01 – 5:53)
L'amalgame dentaire contient du mercure sous une forme relativement stable et liée. Des études à grande échelle n'ont pas mis en évidence de lien généralisé entre les amalgames dentaires et les maladies systémiques au sein de la population. Cependant, le retrait inutile d'un amalgame peut augmenter temporairement l'exposition au mercure et endommager la dent.
Nous en avons déjà parlé. Il existe de nombreuses autres raisons pour lesquelles on retire les amalgames dentaires, comme les fractures, les caries ou les fissures dentaires. Mais retirer systématiquement tous les amalgames d'une personne et lui promettre que sa maladie, quelle qu'elle soit, va guérir…
Si quelqu'un souffre d'une déchirure du ménisque ou d'arthrite de la hanche, lui dire que si on lui enlève tous ses amalgames dentaires, tout cela va disparaître miraculeusement, c'est là le problème. Si ces amalgames provoquent des fissures ou s'il y a d'autres raisons de les retirer que le mercure, alors je suis tout à fait d'accord, mais seulement si c'est fait dans les règles de l'art.
L'affirmation selon laquelle le retrait systématique des amalgames dentaires détoxifie l'organisme n'est pas scientifiquement prouvée. Il en va de même pour la préservation de la structure dentaire. Ainsi, quelqu'un qui affirme qu'il faut absolument retirer tous vos plombages, puis tailler vos dents et poser des couronnes en zircone ou les remplir avec des composites spéciaux, prétendument testés biologiquement et censés être sans risque de cancer de l'ovaire, nous amène à nous interroger sur les aspects les plus ambigus.
[Eon Engelbrecht – E-Radio-SA] (5h53 – 6h21)
Bon, je me souviens avoir vu un documentaire sur les traitements de canal. Et le plus drôle, c'est que je l'ai vu quelques jours avant de subir un traitement de canal sur une dent. Franchement, ça m'a fait peur, parce qu'ils disaient en gros que ces traitements étaient toxiques et qu'ils vous empoisonnaient lentement mais sûrement.
Docteur, les traitements de canal sont-ils vraiment aussi toxiques que certains documentaires le prétendent ?
[Dr Clifford Yudelman – OptiSmile] (6:21 – 7:28)
Absolument pas. Il a été démontré que ces documentaires sont absurdes. Il a été prouvé qu'ils sont absurdes.
Le traitement de canal est l'une des interventions dentaires les plus étudiées. Des études de haute qualité démontrent qu'un traitement de canal correctement réalisé élimine l'infection, soulage la douleur et préserve les dents naturelles. Quant à la théorie selon laquelle les traitements de canal provoquent des maladies systémiques, elle provient d'études mal conçues datant de plus d'un siècle.
Et cela a été maintes fois réfuté. De plus, la microbiologie moderne, l'imagerie et les matériaux ont considérablement amélioré les résultats. Enfin, des organisations médicales et dentaires réputées du monde entier reconnaissent l'innocuité et l'efficacité du traitement de canal.
Et, vous savez, ces documentaires alarmistes s'appuient souvent sur des données obsolètes et déformées plutôt que sur les connaissances scientifiques actuelles. En clair, c'est du grand n'importe quoi.
[Eon Engelbrecht – E-Radio-SA] (7h28 – 7h44)
J'aurais aimé qu'on ait cette conversation l'année dernière. J'avais tellement peur. Bon, maintenant on sait.
D'accord, et que signifie « biocompatible », docteur, lorsque vous choisissez vos matériaux dentaires ?
[Dr Clifford Yudelman – OptiSmile] (7:44 – 9:43)
Voilà ce dont je parlais tout à l'heure avec cette histoire de biocompatibilité. Biocompatible signifie que le matériau remplit sa fonction sans endommager les tissus environnants. C'est pourquoi tous les matériaux dentaires modernes sont soumis à des tests de biocompatibilité approfondis avant d'être approuvés.
Aucun matériau n'est totalement inerte. L'objectif est d'obtenir des performances prévisibles, une grande durabilité et une réaction indésirable minimale. Par ailleurs, il arrive que les arguments marketing utilisent abusivement le terme « biocompatible » pour suggérer une supériorité sans preuve.
La dentisterie fondée sur les preuves repose sur des essais cliniques, et non sur des étiquettes. Le choix des matériaux doit être guidé par les indications (quand tel matériau est indiqué et quand il ne l'est pas), la durabilité (c'est-à-dire la durée de vie du matériau) et les résultats prouvés. Lorsque j'évoque ces composites biocompatibles, j'ai reçu un courriel la semaine dernière d'un patient qui avait mis en copie une vingtaine de confrères dentistes.
C'était assez amusant, car les gens répondaient à tout le monde et c'était intéressant de voir ce que disaient les autres dentistes. En gros, ils demandaient : « Utilisez-vous les produits X et Y qui ne contiennent pas tel ou tel ingrédient ? » Ils cherchaient précisément ce type de dentiste ; ils avaient peut-être vu quelque chose sur TikTok ou sur les réseaux sociaux, ou regardé le documentaire quelque part.
Et bien souvent, je pense que ce genre de pratiques vise surtout à séduire les personnes un peu paranoïaques face à ce genre de choses. L'épisode d'aujourd'hui a pour but de rétablir l'équilibre pour ceux qui pourraient se retrouver face à une situation inadaptée.
[Eon Engelbrecht – E-Radio-SA] (9h44 – 9h51)
Et chez OptiSmile, comment conciliez-vous santé holistique et preuves scientifiques ?
[Dr Clifford Yudelman – OptiSmile] (9:51 – 11:21)
Nous en avons déjà parlé à plusieurs reprises. La santé globale est indissociable de la santé bucco-dentaire, et les maladies parodontales, par exemple, sont liées au diabète et aux maladies cardiovasculaires. Ce lien est solidement étayé par la recherche. L'équilibre réside donc dans le respect de ces liens, sans excès.
Nous pouvons informer les patients et les orienter vers des spécialistes. Je prescris souvent des analyses de sang pour dépister le diabète, je les envoie consulter un ORL ou même un cardiologue pour faire le point sur leur état de santé général. Il m'arrive fréquemment de prescrire des examens du sommeil, et on diagnostique alors une apnée du sommeil.
Toutes les deux semaines, je rencontre quelqu'un qui souffre d'apnée du sommeil. Nous avons d'ailleurs enregistré plusieurs podcasts à ce sujet. Mais le problème, c'est que cela ne remplace pas une consultation chez un médecin.
En tant que dentistes, nous sommes spécialisés dans la cavité buccale. Bien sûr, il existe des recoupements et le corps dans son ensemble est important. Nous souhaitons accompagner chacun dans sa globalité et contribuer à sa santé. Cependant, nous ne pouvons pas nous improviser médecins et commencer à diagnostiquer toutes sortes de maladies. Chez OptiSmile, notre approche est intégrative, mais non invasive.
Et nous nous appuyons sur la science pour guider nos décisions, tout en reconnaissant le caractère unique de chaque patient.
[Eon Engelbrecht – E-Radio-SA] (11h21 – 11h28)
Et puis, il y a l'ozonothérapie. Mais qu'est-ce que c'est exactement ? Et est-ce que ça marche vraiment pour les dents ?
[Dr Clifford Yudelman – OptiSmile] (11:28 – 13:14)
Il y a des années, j'ai suivi une formation. Le formateur disait que l'ozone guérissait tout. On pouvait se l'injecter dans l'œil, dans l'oreille. C'était un véritable cadeau pour l'humanité. Et en plus, ça avait des propriétés antimicrobiennes.
L'ozone a été étudié comme traitement adjuvant en dentisterie, et certaines études montrent qu'il peut réduire les bactéries dans certaines situations. Cependant, les revues systématiques actuelles ne recommandent pas son utilisation en remplacement des traitements conventionnels, tels que le nettoyage d'une carie et la pose d'un plombage.
Certains prétendaient pouvoir soigner une carie sans aucun traitement : on plaçait une petite ventouse sur la dent et on injectait de l’ozone pendant une dizaine de minutes, je ne me souviens plus exactement. Et à l’époque, on facturait au patient, en dollars australiens, une centaine de dollars pour dix minutes de soin.
Pour 120 dollars, on aurait peut-être pu anesthésier la dent, la percer et la plomber. L'une de ces techniques est étayée par de nombreuses recherches. L'autre, même après toutes ces années, reste encore un peu marginale.
L'ozone peut être utilisé en complément ou en dernier recours. Cependant, il ne s'agit pas d'une méthode courante. Je n'ai pas effectué de recherches récentes, disons au cours des six ou douze derniers mois.
Mais puisque vous posez la question, pour autant que je sache, nous n'avons pas vraiment trouvé d'utilité à cela dans notre pratique actuellement.
[Eon Engelbrecht – E-Radio-SA] (13h14 – 13h23)
Et docteur, pourquoi les patients devraient-ils se méfier des affirmations concernant l'absence de métaux si elles ne sont pas étayées par la science ?
[Dr Clifford Yudelman – OptiSmile] (13:23 – 16:01)
Les couronnes sans métal, je n'en vois plus beaucoup de nos jours. Mais à l'époque, on n'utilisait pas d'amalgame, seulement du composite. Ou alors, les couronnes d'origine étaient en céramique sur or.
L'or était de très haute qualité, appelé or noble, et le palladium, le platine. Ce sont des matériaux très inertes dans la pâte. Et puis, il y avait beaucoup de porcelaine de contrefaçon fusionnée à ce qu'on appelle des métaux communs, qui pouvaient être toxiques, comme le nickel, etc.
Et ils ont effectivement souffert d'une mauvaise réputation. Mais de nos jours, presque tout est sans métal grâce à des matériaux bien meilleurs. On utilise par exemple le disilicate de lithium, l'Emax, qui adhère parfaitement aux dents.
Nous utilisons de la zircone, un matériau très résistant que nous collons aux dents. C'est de la zircone, tout simplement. La gencive a même tendance à adhérer directement à la couronne.
C’est dire son inertie. Mais l’absence de métal ne rend pas automatiquement une restauration plus sûre ou plus saine. Chaque matériau a ses avantages et ses limites.
Cela dit, certains patients sont très bien pris en charge par les prothèses dentaires en chrome-cobalt, utilisées depuis de nombreuses années. À ma connaissance, personne n'est décédé à cause d'une prothèse en chrome-cobalt. Il s'agit d'une prothèse composée d'une armature métallique sur laquelle sont fixées des dents en acrylique ou en céramique.
Et cette histoire de « sans métal », on l'utilise souvent pour justifier le refus des implants en titane, alors que le titane est le métal le plus étudié pour les prothèses de hanche. Ou alors, en cas de fracture, si on vous pose des broches et des plaques, ou si quelqu'un se casse la mâchoire, on se retrouve avec des vis et des plaques en titane. Et puis, il y a ces dentistes qui vous arrachent toutes les dents dévitalisées parce qu'elles sont cancérigènes, qui enlèvent tous vos amalgames et les remplacent par du plastique qui risque de se dégrader au bout de quelques années, ou même qui vous extraient les dents pour vous poser un implant en céramique (il en existe d'ailleurs de très bons aujourd'hui), et ainsi de suite.
Mais ils facturent le double du prix d'un modèle en titane, et ils le dénigrent en disant que le titane est mortel. C'est ce genre de choses que j'essaie de signaler aux gens. Si vous voulez des produits dont le choix des matériaux repose sur la fonctionnalité, le fonctionnement, la durabilité, la sécurité, et non sur une simple idéologie du genre « oh non, on ne fait pas ça, c'est mal ».
Regardez ce documentaire qui affirme que c'est mauvais. Ce n'est pas fondé sur des preuves.
[Eon Engelbrecht – E-Radio-SA] (16h02 – 16h10)
Oui, absolument. Pensez-vous qu'il soit possible pour un dentiste d'être à la fois à la pointe de la technologie et holistique ?
[Dr Clifford Yudelman – OptiSmile] (16:11 – 17:45)
Absolument. En fait, la dentisterie moderne allie de plus en plus les techniques dentaires avancées à la prévention et à une approche centrée sur le patient. Nous avons beaucoup parlé d'imagerie numérique, de restaurations minimalement invasives, d'évaluation personnalisée des risques, de l'importance d'une consultation d'une heure et demie pour chaque nouveau patient, avec un examen approfondi de la bouche, de la salive, des forces exercées, de l'alimentation, de l'hygiène bucco-dentaire, de la mesure des gencives, de l'utilisation de l'IA pour analyser les radiographies, et même de la vérification de la glycémie. Je pense que de nombreux bons dentistes adhèrent aujourd'hui à cette approche holistique, mais seulement si elle repose sur des données scientifiques, et non sur une idéologie qui diabolise les traitements de canal ou le titane. La seule chose qui soit vraiment efficace, c'est ce que je fais, et je suis le seul en ville à le faire.
Il y en a un dans chaque ville. Comme je l'ai dit, pas besoin d'aller en Turquie pour se faire poser des dents en dinde. Pas besoin d'aller en Californie pour trouver un dentiste holistique.
Il y en a sûrement plus d'un au Cap. Il y en a peut-être un à Johannesburg. Je n'en suis pas sûr.
À Perth, il y en avait deux ou trois, mais on trouve des dentistes holistiques partout, et si un dentiste holistique écoute ceci et que ça ne vous plaît pas, alors changez de sujet et créez votre propre podcast.
[Eon Engelbrecht – E-Radio-SA] (17h47 – 17h53)
Oh, c'était drôle.
[Dr Clifford Yudelman – OptiSmile] (17:53 – 18:51)
À ce propos, il y a un type comme ça sur Instagram et TikTok, et il y en avait un dans un de mes groupes WhatsApp. Ce groupe compte environ 600 dentistes (généralistes, dentistes numériques et esthétiques), et ce type en particulier publiait sans cesse. Je ne me souviens plus de son nom.
Il a un nom à consonance tchécoslovaque, mais il utilise un pseudonyme. C'est un nom de scène, et il publie tout ce dont je vous ai parlé. C'est d'ailleurs ce qui m'a inspiré pour ce podcast. L'idée m'est revenue seulement maintenant, car j'avais écrit les questions il y a un bon moment, et certaines choses me reviennent seulement maintenant. Bref, c'est vraiment divertissant.
Je ne citerai pas son nom maintenant car je ne m'en souviens plus, mais il se fait appeler Doc Untel ou Untel, et c'est le genre de contenu que les gens regardent. Il a des milliers d'abonnés.
[Eon Engelbrecht – E-Radio-SA] (18h51 – 18h52)
Bien sûr.
[Dr Clifford Yudelman – OptiSmile] (18:52 – 19:04)
Dès qu'on voit ça, on se rend compte qu'il est vraiment très bon. J'ai vu Uri Geller faire disparaître un avion, et j'y ai cru. Je veux dire, je l'ai vu de mes propres yeux.
[Eon Engelbrecht – E-Radio-SA] (19h06 – 19h20)
Oh, il faut faire tellement attention aux réseaux sociaux, hein ? Enfin, docteur, quelles questions les patients devraient-ils poser pour s'assurer qu'ils ne tombent pas sur, j'adore utiliser ce mot, du charlatanisme ?
[Dr Clifford Yudelman – OptiSmile] (19:21 – 21:18)
Charlatanisme. Enfin, c'est votre mot, pas le mien. Charlatanisme, c'est un mot intéressant.
Cela remonte probablement à l'époque où l'on croisait des charlatans qui cancanaient à tout va. Le charlatanisme, c'est, je crois, quelqu'un qui promet un traitement sans fondement scientifique ni preuves. On peut donc se demander quelles preuves soutiennent ce traitement.
Est-ce étayé par des recherches évaluées par les pairs ? De nos jours, on trouve des outils comme ChatGPT ou Gemini.
Vous avez Claude. Il vous suffit de poser la question à votre IA préférée. Assurez-vous de bien la formuler.
Vous pourriez demander : « Pouvez-vous me fournir des articles de revues scientifiques à comité de lecture, un résumé expliquant pourquoi les implants en titane sont potentiellement toxiques et pourquoi les implants en céramique seraient plus adaptés ? », ou toute autre question que ce dentiste vous pose. Lorsqu'il s'agit d'implants ou d'extractions de dents parfaitement saines, ayant subi un traitement de canal, et pour lesquelles on vous affirme qu'elles provoquent de l'arthrite, des maladies cardiaques ou un cancer, il est essentiel de demander un deuxième avis. Tout cela ne peut pas être un grand complot.
Si toutes les grandes organisations dentaires du monde recommandent X ou Y, et qu'il y a toujours un praticien dans chaque ville qui prétend détenir la vérité, alors c'est à vous d'assumer vos erreurs. La transparence, la volonté d'expliquer, voilà ce qui révèle l'éthique d'un professionnel et son engagement envers des soins fondés sur des preuves. Je ferais mieux de me taire avant de m'attirer des ennuis.
[Eon Engelbrecht – E-Radio-SA] (21h20 – 21h43)
De toute façon, nous n'avons plus de questions, donc ce n'est pas grave. Je pense que cette conversation était vraiment importante car, vous savez, les patients sont souvent tiraillés entre des affirmations fondées sur la peur, très souvent alimentées par la peur, et de véritables problèmes de santé. Un grand merci au Dr Clifford Yudelman d'OptiSmile pour ses précieux conseils aujourd'hui.
[Dr Clifford Yudelman – OptiSmile] (21:44 – 21:50)
Merci. Merci beaucoup. J'apprécie et j'ai hâte de vous parler la semaine prochaine.
[Eon Engelbrecht – E-Radio-SA] (21h50 – 22h02)
Absolument. J'ai hâte. Rejoignez-nous la prochaine fois sur « Économisez votre argent, préservez vos dents », où nous continuons de vous aider à protéger votre sourire, votre santé et votre portefeuille.
[Annonceur] (22:22 – 23:07)
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Avis de non-responsabilité : le contenu fourni dans ce podcast, « Économisez votre argent, économisez vos dents » les lundis médicaux, est uniquement destiné à des fins informatives et éducatives. Il n’est pas destiné à servir de conseil dentaire ou médical. Les idées et opinions exprimées par le Dr Clifford Yudelman et les invités visent à favoriser une meilleure compréhension de la santé dentaire, des mesures préventives et du bien-être général, mais ne doivent pas être interprétées comme des recommandations dentaires ou médicales professionnelles. Clifford Yudelman ne diagnostique, ne traite ni ne propose de stratégies de prévention pour des problèmes de santé directement via ce podcast. Cette plateforme ne remplace pas les soins et conseils personnalisés fournis par un professionnel dentaire ou de santé agréé. Nous encourageons fortement nos auditeurs à consulter leurs propres prestataires de soins dentaires pour répondre aux besoins et préoccupations individuels en matière de santé dentaire. Les informations partagées ici visent à donner aux auditeurs des connaissances sur la santé dentaire, mais ne doivent pas être utilisées comme base pour prendre des décisions liées à la santé sans conseils professionnels. Votre fournisseur de soins dentaires est la meilleure source de conseils sur votre santé dentaire et globale. Veuillez toujours demander conseil à votre dentiste ou à d’autres professionnels de la santé qualifiés pour toute question ou préoccupation concernant votre santé dentaire.


